Inutile violence

Au cours des derniers mois la région de Québec a été le théâtre d’un débat animé portant sur la liberté d’expression. Des milliers d’auditeurs d’une radio-poubelle sont descendus dans la rue, deux ou trois universitaires sont partis en croisade au nom de la liberté d’expression, un avocat virtuose des coups de toge s’est donné en spectacle. Heureusement, quelques magistrats ont calmé le jeu en rappelant que les lois en vigueur ne reconnaissent pas le droit de diffamer, de cultiver le mépris et de semer la haine. Ce rappel inspiré du bon sens a fortement ralenti le zèle des nouveaux croisés.

Ceux qui, dans des temps anciens, ont milité pour les libertés civiles, auraient eu de la difficulté à se retrouver dans ce combat de ruelle. Car pour eux la liberté était inséparable de la responsabilité et devait promouvoir les droits de la personne. Le concept d’une liberté qui flotte en l’air sans point d’attache avec d’autres valeurs leur était étranger.

Au fait, la liberté peut a se prêter à des distorsions. Il arrive qu’on invoque la liberté de création dans les arts pour légitimer la pornographie. Des hommes d’affaires se réclament de la liberté économique pour exploiter des travailleurs sans défense ou pour détruire l’environnement. Un facteur humain qui a pesé lourd dans la catastrophe qui a frappé la Louisiane et la ville de Nouvelle-Orléans a été la liberté que se sont donnée des compagnies pétrolières de détruire des barrières naturelles qui contribuaient à réduire la capacité de destruction des ouragans. Témoins de ce saccage perpétré par la libre entreprise, des scientifiques ont annoncé l’éventualité d’un cataclysme. C’est devenu une triste réalité.

Ignorant les avertissements d’experts, c’ est en toute liberté que le président Bush a refusé qu’on accorde une subvention adéquate qui aurait permis de consolider les digues protégeant la Nouvelle-Orléans contre les assauts de la mer. Des milliers de citoyens, surtout des pauvres, ont payé de leur vie la décision libre et irresponsable du président américain.

Le drame louisianais nous remet en mémoire une autre décision libre et irresponsable, celle de Bonaparte, qui, en 1803, a bradé a l’avantage des Américains un immense espace couvrant le bassin du Mississipi et qui s’étendait jusqu’à l’Oregon. Il paraît qu’il avait besoin d’argent pour préparer son couronnement. Une autre thèse veut qu’il ait pris cette décision parce qu’il voulait financer des expéditions militaires dont certaines connurent un dénouement catastrophique. C’est dans la foulée de cette décision malheureuse que s’est estompé le rêve d’une grande Amérique française.

C’est beau de revendiquer la liberté, mais il faut aussi se demander ce qu’on en fait. Pierre Bourgault avait l’habitude de rappeler que si nous voulions la création d’un Québec indépendant, c’était pour mieux assumer notre responsabilité de citoyens libres. L’idée qu’on puisse revendiquer la liberté sans porter la responsabilité de ses décisions lui était étrangère. Il n’aurait pas compris la crise libertaire qui a secoué la région de Québec au cours des derniers mois.

Libres et responsables

Au cours des derniers mois la région de Québec a été le théâtre d’un débat animé portant sur la liberté d’expression. Des milliers d’auditeurs d’une radio-poubelle sont descendus dans la rue, deux ou trois universitaires sont partis en croisade au nom de la liberté d’expression, un avocat virtuose des coups de toge s’est donné en spectacle. Heureusement, quelques magistrats ont calmé le jeu en rappelant que les lois en vigueur ne reconnaissent pas le droit de diffamer, de cultiver le mépris et de semer la haine. Ce rappel inspiré du bon sens a fortement ralenti le zèle des nouveaux croisés.

Ceux qui, dans des temps anciens, ont milité pour les libertés civiles, auraient eu de la difficulté à se retrouver dans ce combat de ruelle. Car pour eux la liberté était inséparable de la responsabilité et devait promouvoir les droits de la personne. Le concept d’une liberté qui flotte en l’air sans point d’attache avec d’autres valeurs leur était étranger.

Au fait, la liberté peut a se prêter à des distorsions. Il arrive qu’on invoque la liberté de création dans les arts pour légitimer la pornographie. Des hommes d’affaires se réclament de la liberté économique pour exploiter des travailleurs sans défense ou pour détruire l’environnement. Un facteur humain qui a pesé lourd dans la catastrophe qui a frappé la Louisiane et la ville de Nouvelle-Orléans a été la liberté que se sont donnée des compagnies pétrolières de détruire des barrières naturelles qui contribuaient à réduire la capacité de destruction des ouragans. Témoins de ce saccage perpétré par la libre entreprise, des scientifiques ont annoncé l’éventualité d’un cataclysme. C’est devenu une triste réalité.

Ignorant les avertissements d’experts, c’ est en toute liberté que le président Bush a refusé qu’on accorde une subvention adéquate qui aurait permis de consolider les digues protégeant la Nouvelle-Orléans contre les assauts de la mer. Des milliers de citoyens, surtout des pauvres, ont payé de leur vie la décision libre et irresponsable du président américain.

Le drame louisianais nous remet en mémoire une autre décision libre et irresponsable, celle de Bonaparte, qui, en 1803, a bradé a l’avantage des Américains un immense espace couvrant le bassin du Mississipi et qui s’étendait jusqu’à l’Oregon. Il paraît qu’il avait besoin d’argent pour préparer son couronnement. Une autre thèse veut qu’il ait pris cette décision parce qu’il voulait financer des expéditions militaires dont certaines connurent un dénouement catastrophique. C’est dans la foulée de cette décision malheureuse que s’est estompé le rêve d’une grande Amérique française.

C’est beau de revendiquer la liberté, mais il faut aussi se demander ce qu’on en fait. Pierre Bourgault avait l’habitude de rappeler que si nous voulions la création d’un Québec indépendant, c’était pour mieux assumer notre responsabilité de citoyens libres. L’idée qu’on puisse revendiquer la liberté sans porter la responsabilité de ses décisions lui était étrangère. Il n’aurait pas compris la crise libertaire qui a secoué la région de Québec au cours des derniers mois.

OÙ SONT LES ANTISEMITES ?

On ne peut prévoir quelle sera l’efficacité de la campagne entreprise par des leaders canadiens non juifs contre l’antisémitisme au Canada (Voir LA PRESSE, 11 septembre 2006). On peut cependant s’interroger sur l’opportunité de cette campagne et sur la nature de l’objectif poursuivi.

Des courants antisémites se son manifestés autrefois, aussi bien au Québec qu’ailleurs au Canada. Moins au Québec, selon certains historiens, qui ne manquent pas de rappeler que ce sont les très catholiques citoyens de Trois-Rivières qui furent les premiers à élire un député de confession juive à l’Assemblée législative du Bas-Canada. En contrepartie, on observe, dans les années précédant la deuxième guerre mondiale, des manifestations d’un activisme antisémite, mais celui-ci incarnait plus une forme de xénophobie qu’un parti pris idéologique à la manière de l’antisémitisme nazi.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, marquée par l’horreur de l’Holocauste, on a éprouvé le besoin de se mieux connaître et de dialoguer.. C’est dans cette optique que fut fondé à Québec le mouvement des Amitiés judéo-chrétiennes où des catholiques, des protestants et des juifs ont partagé leurs croyances, appris à mieux se connaître et cherché à dissiper les préjugés qui contribuent à dresser des barrières entre citoyens de cultures différentes. Une telle initiative s’inscrivait dans une tendance de plus en plus répandue qui allait connaître un accomplissement avec la Déclaration du Concile Vatican 11 sur la liberté religieuse et celle qui proclame la vocation unique du peuple juif., confirmant la prise de position historique de Pie XI proclamant : « Nous somme tous spirituellement des sémites ».

L’antisémitisme, me semble-t-il, s’est grandement atténué au Canada et au Québec. C’est pourquoi la campagne amorcée par des leaders canadiens non juifs étonne un peu. A moins que les responsables de cette initiative confondent l’antisémitisme avec les réactions critiques face à certains comportements de l’Etat d’Israël .Or on peut à la fois témoigner beaucoup de respect envers le peuple juif, qui a donné au christianisme ses lettres de noblesse, et dénoncer un impérialisme sioniste dont les excès, lors du récent conflit au Liban. ont heurté la sensibilité de millions de gens partout à travers le monde.

Il serait maladroit qu’on brandisse le spectre de l’antisémitisme pour cautionner des comportements politiques inacceptables et la violence armée dont a été victime le peuple libanais.

 

La clé dans la porte

Il est agréable l’été, au Québec, de visiter les églises qui, en vertu de leur richesse architecturale et patrimoniale, font partie du circuit touristique. On y est accueilli chaleureusement et en plusieurs endroits des guides compétents nous aident à mieux profiter de la visite. Mais dès septembre, ces lieux de prière sont fermés à clé, hormis les temps de célébration. Ils retrouvent alors le statut de la plupart des autres églises, c’est-à-dire qu’ils deviennent inaccessibles pour le commun des mortels, pour le croyant ordinaire en quête d’un lieu de recueillement et de prière.

Il est paradoxal de constater qu’au moment où l’on entreprend une vaste campagne visant à réveiller l’intérêt des catholiques pour la vie eucharistique et les préparer à mieux participer au Congrès eucharistique international de 2008, il soit souvent impossible d’avoir accès à un lieu de culte qui abrite la Sainte Réserve, composante du crédo sacramentel catholique.

On peut, en dehors des moments de rassemblement, tenir fermé un temple protestant de tradition réformiste puisque les chrétiens fidèles à cette tradition n’adhèrent pas de foi en la présence eucharistique. Il en va autrement pour les catholiques. Car ceux-ci professent en principe une foi eucharistique avouée qui s’exprime non seulement dans les célébrations mais aussi dans un culte individuel ou collectif axé sur la dévotion à la Présence réelle.

On comprend la raison qui incite à mettre ainsi la clé dans la porte. C’est une question de sécurité. On veut éviter le vol et le vandalisme. Car les églises abritent un grand nombre de tableaux, de sculptures, d’objets sacrés que des voleurs pourraient dérober- ce qui se produit parfois- ou que des vandales, jeunes et moins jeunes, pourraient endommager gravement. Les responsables des biens des fabriques ont le devoir de protéger ces composantes du patrimoine collectif. Elles appliquent donc le principe de précaution, mais dans leur manière de le faire elles privent de nombreuses personnes du libre accès à un lieu de recueillement et de prière.

Pourrait-on régler autrement le problème de sécurité ? Il serait possible, me semble-t-il, d’assurer, pendant les heures d’ouverture des églises, la présence de bénévoles qui, pour une durée d’une heure ou deux, exerceraient une surveillance discrète tout en se livrant à des occupations adaptées au lieu : pratiquer le recueillement, méditer, lire, prier, etc. Autant d’activités auxquelles il est souvent difficile de s’adonner dans le brouhaha de la vie quotidienne. Ces personnes se rendraient ainsi service à elles-mêmes tout en servant la communauté paroissiale. Et ce serait une manière de mettre en pratique le précepte évangélique qui invite à toujours prier, soit qu’on le fasse soi-même, soit qu’on s’en remette à d’autres pour le faire.

Plus les églises seront fréquentées, moins on soulèvera la question de leur utilité, moins aussi sera-t-on enclin à ne voir en elles que des attraits touristiques.

Quel projet de société?

La course à la chefferie du Parti Québécois suscite une fièvre souverainiste renouvelée. C’est qui sera le plus zélé à promouvoir la cause de l’indépendance. Cela est normal et sans doute sincère. On souhaite cependant qu’une fois élu(e) chef du parti et ensuite premier ministre, le nouvel élu ( ou la nouvelle élue) ne perde pas sa ferveur souverainiste pour tenter de performer dans la bonne gouvernance. On a souvent vu dans le passé des souverainistes reconnus diluer leurs convictions dans les méandres de la gestion quotidienne.

Heureusement, le sort du projet indépendantiste semble devoir dépendre de moins en moins de la ferveur souverainiste des porte-parole péquistes. Les sondages révèlent que la société civile est en train d’assumer progressivement le projet souverainiste peu importe les atermoiements de leaders qui louvoient dans le clair-obscur dès qu’ils accèdent au pouvoir. Le peuple d’ici semble désormais vouloir prendre en main son avenir sans attendre l’intervention d’un dirigeant charismatique. Ce qui n’empêche pas, cela va de soi, de souhaiter que le prochain choix se porte sur une personne qui possède des idées claires et des convictions fermes au sujet de l’avenir du Québec.

Des idées claires et des convictions fermes: c’est également ce qu’on doit souhaiter trouver quand on aborde le contenu du projet de société qui donnera de l’étoffe à la souveraineté. Il n’est pas sans intérêt de scruter l’idée que chaque candidat ou candidate se fait du pays à bâtir, et ce aussi bien avant l’accession à la souveraineté qu’après. L’indépendance nationale ne se réduit pas à une bannière qu’on affiche bien en vue le jour de la Saint-Jean. L’avantage premier qu’elle confère, c’est de libérer un espace et des moyens propres à favoriser l’épanouissement d’une culture et d’une identité, la structuration d’une société distincte, la promotion de valeurs collectives, le fonctionnement d’institutions conformes au génie d’un peuple et à son histoire. Elle n’est pas une fin en soi, mais elle représente une avancée collective qui rend possible la réalisation d’objectifs qu’une situation de tutelle ne permet pas d’atteindre pleinement.

Des citoyens s’interrogent sur le projet d’une société nouvelle et voudraient savoir où se situent à ce sujet les candidats qui aspirent à la direction du Parti Québécois. Ils aimeraient que ceux-ci fassent mieux connaître leur vision du Québec de demain. Ce qui devrait déjà apparaître dans la façon d’aborder certains problèmes que la société d’ici affronte présentement.

Des dossiers complexes

On peut imaginer que tous les candidats voudront affirmer une position claire face à des dossiers qui font souvent la manchette dans les médias, tels la présence du français dans les milieux de travail, la médecine à deux vitesses, le déséquilibre fiscal, la politique de l’environnement, la création d’emplois, le logement social, les relations avec les nations amérindiennes, la protection des terres agricoles, l’exploitation des ressources forestières, etc. La course à la chefferie devrait fournir à tous les aspirants l’occasion de faire savoir où ils logent en ces matières.

Certains dossiers sont particulièrement complexes et de s

urcroît dérangeants, si bien qu’on préférerait peut-être qu’en les mette en veilleuse. Ce qui serait une erreur, car leur contenu affecte intimement la qualité humaine de la vie collective. Des dossiers à la fois complexes et incontournables.

J’en mentionne cinq.

1. La culture de la vie. La revue L’Actualité ( 1 juin 2005) nous apprend que le taux d’avortement au Québec est l’un des plus élevés au monde et qu’il est aggravé par un taux de natalité très faible et un vieillissement marqué de la population. Or l’une des rares fois où les gens qui font partie de la classe politique québécoise ont dans le passé débattu de la question, c’était pour savoir si les femmes vivant en région et qui désiraient se faire avorter avaient droit aux mêmes services que dans la métropole. Est-ce vraiment la seule question qu’on doive se poser ? Que penser de la situation actuelle où un pan entier du Québec de demain disparaît silencieusement ? N’y a-t-il pas là une question Žthique qu’on ne peut occulter ? Face à l’être humain non souhaité qui s’annonce, l’élimination radicale est-elle la seule solution ? Qu’en est-il des services d’aide et de conseil dont pourraient profiter les femmes désireuses de conduire une grossesse à terme ? N’a-t-on rien à dire sur ces questions ?

2. La succession des générations. Le problème ne peut laisser indifférent. Faut-il compter uniquement sur l’immigration pour peupler le nouveau pays auquel on rêve ? On vend des écoles devenues inutiles et on ouvre de nouveaux centres d’accueil pour répondre aux besoins des personnes âgées. Mais est-ce ainsi qu’on assure la continuité de la nation et qu’on prépare des lendemains pleins de vitalité ?

3. La famille. C’est la cellule de base de la société. En instituant les garderies à $5 dollars le PQ a témoigné d’un préjugé favorable envers la famille, Mais il a eu la main moins heureuse quand il a décidé d’en modifier la nature. Car la famille se définit comme une institution fondée par un homme et une femme qui assument la responsabilité de procréer et d’éduquer des enfants. On dévalue cette institution quand on la confond avec d’autres formes d’association et de styles de vie. Or c’est le Parti Québécois qui, avec l’appui du Parti libéral et de l’ADQ, a fait supprimer du Code civil l’article définissant le mariage comme l’union de deux personnes de sexe différent. On a préparé ainsi la voie pour l’adoption, par le gouvernement Martin, de la loi sur les unions homosexuelles. En outre, le Bloc Québécois, qui entretient avec le PQ des liens étroits, a manifesté tellement de zèle et dépensé tellement d’énergie en faveur du mariage gai qu’on croirait qu’il a décelé dans cette invention la pierre d’angle de la souveraineté nationale. Mais dévaluer ainsi le mariage et la famille, est-ce vraiment la bonne façon d’assurer l’avenir de la société québécoise ? On n’a rien à dire là-dessus ?

4. La liberté religieuse. C’est le Parti Québécois qui a amorcé le mouvement aboutissant à « sortir la religion de l’école », ce dont s’est réjoui ouvertement l’un des aspirants à la chefferie. Tant le Parti Québécois que le Parti libéral ont sciemment méprisé le droit des parents (article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés) d’exiger pour leurs enfants un enseignement religieux conforme à leurs convictions. Et pour mieux étouffer la voix des protestataires, le PQ a approuvé la suppression de l’article gênant ! Il a aussi été d’accord avec le Parti libéral pour qu’on refuse le droit d’exemption dans le cas où le nouveau cours dit de culture religieuse porterait atteinte aux convictions des jeunes. Paradoxalement, cela s’est produit au moment où la Commission des droits de la personne approuvait le port du voile islamique à l’école. On abolit l’enseignement religieux chrétien, mais on permet un style vestimentaire islamique qui symbolise la servitude de la femme. Rien à dire au sujet de la liberté religieuse à l’école ?

5. La survie de l’enseignement privé. Sans avoir l’importance de la question précédente, celle-ci concerne aussi la liberté des citoyens. Il est reconnu que beaucoup d’institutions privées véhiculent une tradition humaniste et pédagogique qui constitue un enrichissement pour notre patrimoine collectif. Faut-il détruire cet héritage ? Des milliers de parents réclament le droit d’en profiter quitte à assumer des frais de scolarité substantiels dont le versement contribue à soulager le trésor public. Faut-il, au nom de l’uniformité, pratiquer dans ce domaine la coupe à blanc, comme on l’a fait dans le cas de l’enseignement religieux ?

D’autres dossiers délicats devraient aussi préoccuper les candidats à l’investiture péquiste, par exemple le taux élevé de suicide chez les jeunes, le projet d’installer un casino en plein coeur de Montréal, la multiplication des appareils de jeux de hasard dans les milieux défavorisés, etc. Tout comme les précédents, ces problèmes sont complexes et on ne peut exiger des têtes d’affiche de la scène politique qu’ils nous servent sur le champ des réponses entièrement satisfaisantes. Mais on a au moins le droit de savoir si ce genre de dossiers les intéresse et dans quel sens leur réflexion s’oriente quand il s’agit de chercher des solutions.

La nécessité d’une pensée politique

On ne peut réduire le débat sur l’avenir du Québec à des questions de comptabilité ni se contenter de discerner qui, parmi les aspirants et aspirantes à la direction du PQ, sera le plus ou la plus apte à bien gérer les finances publiques ou à conduire le parti à la victoire lors d’une prochaine consultation électorale. On a aussi le droit de savoir quelles valeurs chaque candidat ou candidate veut privilégier, quels principes auront préséance quand viendra le temps pour lui ou elle de prendre des décisions.

Dans le jeu politique interviennent l’Žthique de conviction et l’Žthique de responsabilité. Le juste dosage des deux composantes est nécessaire pour assurer le succès de cette activité dont le but n’est pas seulement de prendre le pouvoir mais aussi de servir le bien commun.

Décrocher le pouvoir, c’est une chose, en faire un usage judicieux, c’est autre chose. A la source du bon usage, il faut l’éclairage d’une pensée politique cohérente et structurée; une pensée enracinée dans une anthropologie, fondée sur des valeurs, arrimée à des principes solides. La course à la chefferie devrait permettre à cet égard de mieux connaître la pensée politique de chaque candidat et candidate. C’est important pour la suite de l’histoire.