ESSAYER DE COMPRENDRE

Ce qui est arrivé le 11 septembre 2001 dépasse l’entendement. Ce fut un coup brutal porté au cœur de la puissance américaine. Aussi le point de départ d’un enchaînement de violences en réponse à la violence, à quoi s’est ajouté le déploiement de mesures de sécurité qui sont en train de transformer l’Occident et plus particulièrement les Etats-Unis en forteresse assiégée et qui menacent le fonctionnement normal de la vie démocratique.

A l’origine de la nouvelle donne le terrorisme, terme souvent mal utilisé, qui monopolise l’attention et empêche d’aller au fond des choses, de comprendre. Or, comme l’explique Bernard Keating , professeur d’éthique à l’Université Laval ( voir LE SOLEIL, 11 septembre 2006), il importe de ne pas se contenter de déplorer ou de condamner, il faut essayer de comprendre, ne serait-ce que pour réaliser l’inutilité d’une rétorsion où la violence militaire répond à la violence brutale du terrorisme. « Ceux qui croient que c’est par le armes qu’on viendra à bout du terrorisme se trompent ou tentent de nous berner. La nature même du terrorisme le rend pratiquement inexpugnable. On ne peut empêcher la détermination de s’allier à l’imagination pour se mettre au service de la haine ! »

Le terrorisme, souligne le professeur Keating, reçoit l’appui « des populations qui font les frais de réformes économiques sauvages, de changements culturels imposés de l’extérieur ou de l’impuissance de la « communauté internationale » à faire en sorte que les rapports de force cèdent le pas au droit ». Il y a un fossé entre nos idéaux et nos comportements. D’où le scandale, le ressentiment, la révolte.

Les explications de l’éthicien de Laval ne répondent pas à toutes les interrogations, mais elles ont le grand mérite d’indiquer la voie à suivre : celle qui cherche à comprendre au lieu de se contenter de prôner le recours à la force brutale.