CONTRE LA RÉFORME PÉDAGOGIQUE

Collectif
Sous la direction de Robert Comeau
et Jocelyne Lavallée

VLB éditeur, 2008

On peut être tenté de s’engager dans le débat portant sur le cours Éthique et culture religieuse en concentrant son attention sur des aspects proches de ce qui est formellement religieux ou éthique, par exemple le fait que le caractère obligatoire du cours porte atteinte à la liberté de conscience et à la liberté de choix. Mais le collectif Contre la réforme pédagogique nous fait réaliser que le cours ECR ne représente qu’un volet d’une opération beaucoup plus vaste qui vise à supplanter l’héritage humaniste occidental pour le remplacer par une construction idéologique postmoderne dont l’objectif premier est de former des individus dépossédés de leurs racines historiques, culturelles et religieuses pour en faire des citoyens adaptés à une société inventée de toutes pièces, pur produit du socioconstructivisme.

Les auteurs de cette remise en question de la réforme ne sont pas des derniers venus. Parmi eux on trouve Normand Baillargeon, Eric Bédard, Gérald Boutin, Robert Comeau, Jean-Claude Corbeil, Charles-Philippe Courtois, Magali Favre, Josiane Lavallée, Régine Pierre, Christian Rioux etc. S’ajoutent les membres du Collectif pour une éducation de qualité qui ont rédigé le mémoire intitulé Transmettre adéquatement un patrimoine culturel et historique, présenté dans le cadre des audiences de la Commission Bouchard-Taylor et reproduit dans le collectif. A noter les noms de Jacques Dufresne. Marc Chevrier et Emile Robichaud. A noter aussi l’avertissement inscrit en conclusion du dit mémoire : « Ne sacrifions pas, encore un fois, la jeunesse à quelque dieu du temple pédagogique. Il en va de l’avenir même de notre collectivité nationale ».

Dans certains pays, dont la Belgique et la Suisse, on avait commencé à bricoler un fourbi pédagogique apparenté à celui qu’on est en train d’implanter au Québec. Mais il appert que là-bas le bon sens et l’instinct de survie ont repris le dessus. On a freiné le processus de démolition amorcé par le constructivisme radical. Ici, on semble pour le moment laisser aller les choses. La classe politique regarde béatement le train passer. Faut croire qu’on n’est pas encore assez proche du précipice. La nation québécoise aime-elle les risques à ce point ? Car le débat dépasse les seules questions pédagogiques : il concerne l’identité nationale, celle-là même que nos ancêtres ont voulu protéger quand ils ont réclamé et obtenu en 1867 la souveraineté en éducation. Mais ils n’auraient jamais pu imaginer que plus tard des esprits postmodernes tenteraient de saboter le système par l’intérieur en le vidant de sa substance à la fois philosophique, humaniste, religieuse et nationale.

Les penseurs de qualité qui ont entrepris le procès de la prétendue réforme en éducation sonnent le réveil. Ils nous rendent un grand service, car beaucoup de gens qui auraient dû veiller au grain s’étaient laisser endormir par les propos ronflants de sophistes filandreux. Il faut éviter que ne se répète ici l’épisode du cheval de Troie.