POUR UN MONDE PLUS JUSTE ET PLUS SOLIDAIRE

Les médias que j’ai consultés semblent n’avoir  retenu que des banalités de la belle allocution que le pape François a prononcée à Varginha, lors de sa visite au Brésil. Pourtant le discours était vibrant et plein de beauté. J’en retiens quelques bribes.

On dirait que pour certains la solidarité est « quasi un gros mot », dit le pape François. Heureusement, les pauvres n’hésitent pas à la pratiquer, allant jusqu’à « ajouter plus d’eau aux haricots », c’est-à-dire à partager le peu qui reste avec des gens qui n’ont plus rien. D’autre part, il invite les  plus favorisés  à combattre les inégalités. On n’a pas le droit de considérer  ceux qui n’ont rien comme des déchets. « Personne n’est un déchet », dit-il. Et d’ajouter : «  C’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! Pensons à la multiplication des pains de Jésus. La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté ! ».

Il y a une faim du pain, dit François, mais il y a aussi  une faim de dignité. une faim de biens immatériels : la vie, la famille, l’éducation intégrale, la santé, la sécurité. Aux jeunes qui risquent de se décourager devant les injustices et la corruption, il adresse ces mots : « Ne vous découragez jamais, ne perdez pas confiance, ne laissez pas s’éteindre l’espérance. La réalité peut changer, l’homme peut changer.  Cherchez, vous les premiers, à apporter le bien, à ne pas vous habituer au mal, mais à le vaincre par le bien. L’Église vous accompagne, vous apportant le bien précieux de la foi, de Jésus-Christ qui est « venu pour que les hommes aient la  vie, pour qu’ils l’aient en abondance »(Jean, 10,10) ».

Une belle allocution, aucunement banale, éclairante et stimulante.

LIBERTÉ POUR TOUS

En France, la police anti-émeute a attaqué au gaz lacrymogène des manifestants, parmi eux des enfants, qui s’opposaient au « mariage pour tous ». En Hollande, des médecins qui refusent de pratiquer l’avortement   sont obligés de suivre des cours d’IVG. Dans certains pays européens, des officiers publics qui ne veulent pas présider la célébration de mariages entre personnes de même sexe sont victimes de harcèlement. Il semble que le principe de la liberté de conscience s’effrite peu à peu au profit d’une éthique nouvelle fabriquée à partir de l’air du temps.

Pourtant, la liberté de conscience est primordiale. Et elle  vaut autant pour la majorité que pour la  minorité. Laquelle  majorité,  s’inspirant de la raison, de l’anthropologie, souvent aussi d’une culture chrétienne, refuse d’adhérer à un code de valeurs construit artificiellement et qu’on voudrait imposer à tous. Une majorité qui revendique la liberté aussi pour elle,  tout en acceptant, non sans un certain agacement,  que les médias accordent une importance démesurée aux revendications d’une minorité d’activistes qui veulent imposer leur nouveau code de morale.

Il demeure paradoxal qu’on doive, soixante-cinq ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme,  revendiquer la liberté de conscience pour tous. Il y a là une singularité qui caractérise  l’humeur du temps que nous vivons.