AJOUTER LA RÉPARATION AUX EXCUSES

La première ministre de l’Ontario a présenté des excuses à la minorité francophone , victime d’un règlement en vigueur de 1912 à 1927 (Règlement 17), qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles primaires et secondaires. Cette mesure législative a largement contribué à l’assimilation des Franco-Ontariens.

C’est fort séant et louable de présenter des excuses. Mais ce serait encore mieux si on y joignait une mesure réparatrice, quoiqu’il soit difficile de réparer un tel gâchis. Le gouvernement ontarien pourrait par exemple assurer le financement d’une université intégralement francophone , à l’exemple de ce qui se fait au Québec , où l’on contribue substantiellement au financement de trois universités anglophones.

On pourrait en outre inviter la minorité catholique irlandaise ontarienne, dont d’éminents porte-parole ont milité en faveur du Règlement 17, à participer à l’acte réparatoire. Ce serait là un bel exemple d’un comportement inspiré de l’Évangile.

L’OR BLEU ET L’OR NOIR

                                                                             Le projet de pipeline ( ou d’oléoduc) Energie Est continue de soulever de l’opposition, alors que des fédéralistes semblent y voir une sorte de nœud gordien de l’unité canadienne qui concrétiserait le droit d’utiliser le territoire québécois comme autoroute pétrolière , et ce au nom d’un fédéralisme dit de coopération.  

Mais il y a beucoup de résistance. En apparence, les forces en présence semblent inégales, car le lobby des sables bitumineux est très puissant, économiquement et politiquement. Mais il faut se rappeler que c’était aussi le cas quand des groupes populaires se sont opposés à l’exploitation du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent. Ils faisaient face à de puissants intérêts financiers. Malgré tout, Ils ont gagné, tout au moins temporairement. Il arrive ainsi que la vie démocratique nous réserve de belles surprises.

Les enjeux sont considérables. D’une part,il y a le projet d’un oléoduc destiné à transporter du pétrole empoisonné ( du « dirty oil », a dit le président américain Obama), et ce à un moment où de nombreux experts concluent qu’il faut se libérer dès maintenant et progressivement des énergies fossiles, à commencer par les plus polluantes. D’autre part, on ne peut prendre à la légère les risques encourus par la traversée de plusieurs centaines de plans d’eau (quelque 640 au Québec), mettant en danger d’importantes réserves d’eau potable, par exemple celles de l’Outaouais, de la Saint-Maurice, de la Jacques-Cartier, du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Etchemin, etc.  

Les maires de la vaste communauté urbaine de Montréal ont sonné l’alarme, tout comme de nombreux militants écologistes. Ceux-ci réussissent de mieux en mieux à éveiller l’opinion publique face à un projet qui comporte une dimension suicidaire et qui, en outre, s’avère superflu, compte tenu de l’abondance actuelle des ressources pétrolières ailleurs dans le monde.

Il faut se le rappeler : pour le Québec, l’avenir est dans l’or bleu, pas dans l’or noir, surtout quand celui qu’on veut nous expédier est empoisonné.

FEMMES AU SERVICE DE LA SANTÉ

J’ai récemment fait un séjour en milieu hospitalier, ce qui m’a donné l’occasion d’observer de l’intérieur comment fonctionne notre système québécois de la santé.  Première image : un service d’urgence bouillonnant d’activité, des médecins, des infirmiers et infirmières, des préposés aux soins de diverses catégories, tous travaillant sans arrêt, avec efficacité, répondant aux besoins les plus urgents. Ensuite l’accueil sur l’étage, des soins qui s’ajoutent, une prise en charge globale et efficace. Un système de santé dont les citoyens du Québec peuvent être fiers.

Des hommes et des femmes y oeuvrent sans relâche, Mais surtout des femmes. Elles soutiennent le système et empêchent qu’il ne se mette à cafouiller. Sans elles, l’appareil ne tiendrait pas le coup. On pourrait se passer du ministre de la Santé et le système continuerait de bien fonctionner, du moins pour un temps. Mais on ne saurait se passer de ces équipes de femmes aux compétences multiples et diverses. C’est avant tout grâce à elles si notre réseau de la santé fonctionne efficacement et se montre capable de répondre convenablement aux attentes de la population.

Le phénomène perdure depuis le jour où des femmes, les religieuses Augustines, débarquèrent à Québec pour y fonder le premier centre hospitalier en Nouvelle-France. Depuis lors, d’autres professionnels de la santé ont pris la relève.Toujours en majorité des femmes. Nous leur devons beaucoup.