LE SOUVENIR DES CROISADES

Des dénonciateurs de l’islamophobie- réelle ou présumée- nous renvoient au temps des Croisades pour expliquer le phénomène du djihadisme. Selon eux, L’Occident chrétien, par ses expéditions guerrières, aurait laissé dans la mémoire collective musulmane de terribles cicatrices dont on ressentirait encore les effets de nos jours. Un djihadiste serait plus ou moins une sorte de bras vengeur qui se croit envoyé par Allah et qui aurait comme mission de réparer les blessures causées par les Croisades.
À noter au départ que c’est faire preuve de beaucoup de bon vouloir que d’attribuer aux djihadistes un tel intérêt pour l’histoire. Ce qu’on observe d’eux nous renvoie davantage à une filière où prédominent l’gnorance, la barbarie et l’absence d’humanité. On est loin de la chevalerie médiévale.

D’autre part, dans la mémoire collective de la chrétienté occidentale on attribue aux Croisades une importance historique qu’elles n’ont pas. On parlait au début de libérer le tombeau du Christ.Dans les faits, on s’est embarqué dans des tentatives plus ou moins fructueuses visant à desserrer le carcan arabe, ensuite turc, qui étouffait le monde méditarrénéen. Car , à l’époque , l’Occident vivait sous la menace constante de l’hégémonie musulmane. Celle-ci pesait d’un lourd poids sur le pourtour de la Méditerranée. Les pirates arabes effectuaient à leur gré des razzias sur les côtes italiennes ou françaises, enlevaient des chrétiens, particulièrement des femmes, qu’ils revendaient comme esclaves dans des pays musulmans. Une timide réponse occidentale fut la fondation d’un ordre religieux, celui des Servites, voué au rachat des esclaves. En fait, il fut un temps où, pour reprendre le propos d’un observateur arabe, il était imposssible pour un chrétien de faire flotter une planche sur les eaux de la Méditerrannée. C’est donc un Occident assiégé et non impérialiste qui, pour tenter de s’en sortir et sous le couvert d’un projet religieux, se lança dans l’aventure des Croisades.Ce furent des entreprises pas très glorieuses dans leur déroulement et peu fructueuses quant à leurs résultats. Mais le vent tourna avec la reconquête de Grenade et la découverte des Amériques. L’Europe chrétienne cessa alors de vivre quotidiennement sous la menace musulmane, même si celle-ci a fait encore sentir son poids lors de la bataille de Lépante en 1571 et du siège de Vienne, en 1683.

L’Histoire , dit-on, ne repasse pas les plats. Le souvenir des Croisades est de peu d’utilité pour comprendre le terrorisme djihadiste. Sauf peut-être qu’il peut nous aider à prendre conscience du fait que l’Occident, de culture fondamentalement chrétienne, est menacé une fois de plus dans sa spécificité historique par une force extérieure, laquelle se présente sous la forme d’une mixture d’islamisme dévoyé et de violence barbare. Reste désormais à trouver les moyens d’affronter avec succès ce nouveau danger.

LA VRAIE SOLUTION POUR L’AVENIR

Dans un éditorial fort éclairant ( Le Devoir, 4 août 2016), Jean-Robert Sansfaçon décrit bien les risques nombreux liés à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Il ne manque pas de montrer du doigt la menace qui pèse sur les réserves d’eau potable du Québec si jamais on se lançait dans la construction d’un oléoduc qui traverserait des centaines de rivières et de plans d’eau. Il sait que les déversements de pétrole- un pétrole gavé de substances empoisonnées qu’on y ajoute pour en faciliter le transport- font partie des dangers encourus. 

Ce qui étonne, c’est qu’il ne propose pas comme solution d’avenir qu’on mette tout simplement fin à l’exploitation et au transport de ce produit empoisonné, surtout que le Québec n’a qu’en faire puisqu’il s’approvisionne ailleurs , à moindre risque et à bon prix. C’est l’exploitation même des sables bitumineux qu’il faut mettre en question, surtout que celle-ci s’avère une importante source de pollution et compromet la réalisation des objectifs canadiens et québécois en matière d’environnement.Il faut envisager la transformation partielle de l’économie albertaine , tout comme on a procédé jadis à une sorte d’équivalent au Québec quand on a mis fin à l’exploitation de l’amiante.  

LE SOUFFLE DU MALIN

Il m’est déjà arrivé de parler de la place qu’occupe le démon dans les Évangiles. Au temps où ceux-ci furent rédigés le Malin semblait faire partie de la vie de tous les jours. Parfois on discernait clairement sa présence, parfois on confondait celle-ci avec diverses maladies et infirmités qui affectent la condition humaine. Les auteurs des récits évangéliques en ont parlé à la manière des gens de leur époque.

On en fait cas parfois de nos jours . On estime avoir retrouvé la signature diabolique dans l’horrible invention des camps de la mort au temps du nazisme. D’autres croient déceler sa marque dans les actes criminels que multiplient les djihadistes. Tuer pour tuer au nom de Dieu auteur de la vie est d’un cynisme diabolique. Particulièrement odieux se révèle l’assassinat d’un prêtre octogénaire, égorgé alors qu’il présidait une célébration eucharistique. Un meurtre qui dégage une odeur macabre et laisse soupçonner la présence du Malin. « Éloigne-toi , Satan », s’est écrié le prêtre , avant de tomber sous les coups de ses assassins.

À défaut de réussir à croire en Dieu, les agnostiques et les incroyants pourraient se préoccuper de l’existence du démon. Car le Malin semble se révéler particulièrement actif au cœur des perturbations qui marquent de nos jours le cheminement de l’humanité en marche. On peut toujours se faire accroire qu’il n’existe pas, mais il semble bien qu’on peut déceler des traces de sa présence. De quoi se poser quelques questions.