LA PRIORITÉ, C’EST L’EAU POTABLE

Le Canada ne peut se passer du pipeline Énergie-Est, a déclaré un porte-parole des pétrolières. Ce qui est faux,car il peut s’en passer, voire qu’il devrait le faire. Mais ce qui est vrai, c’est que le Québec ne peut se passer d’eau potable. Or le projet d’Énergie-Est met en péril des centaines de plans d’eau au Québec. Une menace qui provient du pétrole issu des sables bitumineux et de substances empoisonnées qu’on y ajoute pour en faciliter le transport. Je ne comprends pas que des décideurs politiques d’ici prennent cette menace à la légère. Comme si on devait se résigner à laisser la voie libre à des puissances économiques dépourvues de sens du  bien commun et obsédées par la rentabilité à court terme. Une règle première qui doit guider le politique, c’est la prise en charge du bien commun, pas la résignation.

DES RÊVES QUI S’ENVOLENT

Tous les jours la télévision nous sert en abondance des images de violence et de destruction. On nous montre des peuples qui s’entretuent , des brigands qui sèment la terreur, des militaires équipés d’armes modernes achetées dans des pays industrialisés et qui s’en prennent à des civils sans défense , des défilés de chars d’assaut qui traversent des plaines de sable où toute vie est devenue impossible, des villes détruites , des femmes et des enfants qui tentent de survivre dans des abris de fortune, des brutes et des tyrans qui se spécialisent en fauteurs de catastrophes humaines . Tout cela pour aboutir à un gaspillage éhonté de ressources qui auraient pu servir à construire une cité plus humaine, à aménager des milieux de vie où les hommes et les femmes disposeraient d’eau potable, de terres agricoles, d’hôpitaux, d’écoles, de logements décents, d’universités, d’équipements culturels de toutes sortes, de ces assises sur lesquelles on construit une civilisation.

Au lieu de construire un monde plus humain on multiplie les crimes contre l’humanité. Reste à savoir à qui profitent ces crimes. Parmi eux les fabricants d’armes, dont fait partie le Canada, quoi qu’à un moindre degré que d’autres pays. Mais il demeure que le pays d’ici semble avoir abandonné l’odyssée des Casques bleus et des missions de paix. Des rêves qui s’envolent.

LA CLASSE MOYENNE À L’AVANT-SCÈNE

Sauver la classe moyenne, la protéger, lui assurer les faveurs de l’État : c’est la préoccupation première de plusieurs politiciens. Certains en font une priorité absolue, une sorte de crédo. Laquelle classe dite moyenne comporte plusieurs franges dont une caractérisque commune est d’avoir accès à des avantages économiques et sociaux qui dépassent la satisfaction de besoins de base. Son essor serait, dit-on, une garantie de progrès pour l’ensemble de la société.

L’objectif peut sembler en soi défendable. Mais il ne peut, dans une société marquée par le souci de la justice, avoir préséance sur les besoins et les attentes de ceux et celles qui ne disposent pas des ressources permettant de répondre aux exigences de ce qui est considéré comme faisant partie des besoins de base. La justice distributive commande d’accorder la priorité à une politique sociale qui assure aux moins nantis l’accès à un emploi convenablement rémunéré, à un logement décent, aux soins de santé, à la sécurité alimentaire, à l’éducation, à la vie culturelle. Ce sont de tels critères qui permettent de mesurer le niveau de développement humain d’une société.

Me revient ici en mémoire ce propos de Jean XX111 : « La richesse économique d’un peuple ne résulte pas seulement de l’abondance globale des biens , mais aussi et plus encore de leur distribution effective suivant la justice, en vue d’assurer l’épanouissement personnel des membres de la communauté : car telle est la véritable fin de l’économie nationale » ( Mater et Magistra).