LA PAIX EN DANGER

Le comportement du président nord-coréen Kin-Jong-Un a de quoi inquiéter. Mais pas plus que celui du président américain Donald Trump. Ce dernier a menacé de détruire toute la Corée du Nord si le dénommé Kin-Jong-Un devenait trop menaçant L’affrontement est pour le moment verbal  mais déjà lourd de risques car poussé à l’extrême.

On est loin  de cet épisode de la guerre froide où dirigeants  américains et soviétiques avaient multiplié les efforts en vue de réduire les tensions provoquées par le projet du Kremlin de livrer des missiles au gouvernement cubain. Les deux camps firent preuve de responsabilité, conscients des risques incalculables qu’un conflit armé aurait entraînés à l’échelle de la planète.

On sait que lors de cette crise le pape Jean XXIII avait joué un rôle important, celui d’un médiateur discret et efficace. Je souhaite que face à la nouvelle crise les évêques catholiques  américains interviennent dans l’espoir de calmer un président qui a perdu les pédales. Ils pourraient s’inpirer de la remarquable Lettre collective sur la paix que leurs prédécesseurs ont publiée en 1983, sous le titre Le défi de la paix : la promesse de Dieu et notre réponse.  Une telle intervention apporterait du concret aux prières pour la paix que récitent les fidèles lors des célébrations eucharistiques.

UN  RÊVE AMÉRICAIN

Les nouvelles en provenance des Etats-Unis permettent de constater que le racisme pratiqué envers les Noirs y est toujours prégnant et qu’il empoisonne la vie quotidienne. L’arrivée au pouvoir du président Trump semble avoir donné un nouvel élan à des groupes extrémistes qui prônent la suprématie blanche. Comme si les citoyens de race noire étaient coupables de l’envahissement d’un territoire réservé à des Blancs.

Or les Afro-américains n’ont pas envahi les Etats-Unis et n’ont usurpé la place de personne. Victimes de la traite négrière, ils ont été importés contre leur gré. Leurs descendants ont cherché à se libérer progressivement et de façon non-violente de cet état de servitude. Leur rêve, c’est celui que Martin Luther King a proclamé et rendu célèbre lors de la marche historique et pacifique qui eut lieu à Montgomery,en Alabama, en 1955.

Ce sont plutôt des excuses qu’on devrait attendre de la part des partisans de la suprématie blanche, non des brimades, des sévices et la perpétuation de situations injustes.Des excuses qui annonceraient un virage historique, le début d’un temps nouveau. Un virage qui s’impose, car la paix sociale et la stabilité de la démocratie américaine dépendent en grande partie de l’instauration de rapports nouveaux, vraiment fondés sur la  justice , entre les héritiers des dominateurs blancs et les victimes de décennies de servitude. Ainsi se rapprocherait-on du rêve de  Martin Luther King.