CHRISTIANISME SUBVERSIF

«En Inde, les chrétiens redoutent des violences à Pâques» C’est ce que nous apprend le journal LA CROIX ( 20 mars 2008). Des groupes d’extrémistes attaquent des églises, s’en prennent à des chrétiens, commettent des assassinats. A Noël 2007, dans l’Etat d’Orissa, on a dénombré cinq chrétiens assassinés, 200 églises catholiques ou protestantes et institutions chrétiennes détruites ou incendiées, 700 demeures de chrétiens attaquées. A l’approche de Pâques l’archevêque de Delhi a demandé aux prêtres d’être prudents et de prendre des mesures préventives pour éviter de devenir des victimes d’attaques. Directive d’autant plus pertinente qu’on ne peut guère compter sur la protection des forces policières, lesquelles semblent de connivence avec les extrémistes.

Le litige est à la fois religieux, social, économique et politique. En se convertissant au christianisme des dalits, des membres de basses castes ou de populations tribales acquièrent une meilleure éducation, améliorent leur niveau de vie et ainsi échappent plus facilement à l’exploitation de castes dites supérieures : brahmanes, kshatriya, vaishya. Celles-ci sentent leurs privilèges menacés. Surtout qu’un principe comme celui de l’égalité de tous les êtres humains contredit directement la théorie des castes.

La violence contre les chrétiens en Inde illustre la faiblesse de ce genre de relativisme qui prétend que toutes les croyances s’équivalent. On ne peut à la fois privilégier le système des castes et proclamer l’égalité entre tous les citoyens. Impossible de concilier l’exploitation des classes sociales défavorisées et la pratique de la justice sociale. Le christianisme social refuse ici un ordre traditionnel vieux de plusieurs siècles. Il dérange, se montre subversif et suscite ainsi des réactions violentes. Mais on ne peut lui demander de changer son discours au nom du «vivre ensemble».

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