UNE ELECTION N’EST PAS UN FLÉAU

Certains hommes politiques sont prêts à beaucoup de sacrifices pour éviter le déclenchement d’élections au Québec ou à Ottawa. Il paraît que pour les citoyens ordinaires les élections sont un fléau. Nous serions allergiques à ce genre de consultation populaire.

Etrange façon de voir les choses. Le suffrage universel marque un progrès, une avancée dans la vie des peuples. Les Grecs, il y a fort longtemps, avaient rêvé d’instaurer une démocratie directe, quotidienne. Tous les jours, à Athènes, sur la place de l’Agora, la classe des hommes libres débattait des problèmes de la cité, prenait position, tentait d’influer sur le cours des événements. On mettait en pratique cet axiome de Platon : «Tout ce qu’on gagne à se désintéresser de la politique, c’est d’être gouverné par des gens pires que soi ».

On démontre qu’on se sent responsable de la vie de la cité en s’informant, en débattant de problèmes qui nous concernent tous, en assumant une charge publique, en votant. On peut voter tous les quatre ans mais aussi plus souvent, si les circonstances l’exigent. Ce n’est pas un fardeau, c’est une chance.

« Elections, piège à cons », avait déclaré un jour le grand pontife de l’existentialisme, Jean-Paul Sartre. Ce serait intéressant de savoir ce que pensent de cet aphorisme les Tchétchènes, les Tibétains, les Birmans et d’autres peuples dispensés du devoir électoral. Y décèleraient-ils un trait de génie ou une sottise de grand format ?

Les élus ne doivent pas craindre de faire appel au peuple. De façon générale les citoyens sont persuadés que l’exercice du droit de vote contribue à la santé de la démocratie. Ils aiment exercer ce droit et ainsi servir le bien commun. Donc on ne doit pas hésiter à demander leur avis sur la gérance de la chose publique. Même si les résultats de la consultation peuvent réserver de mauvaises surprises.

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