LA NÉGATION DU PASSÉ

« La laïcité ne saurait être la négation du passé », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy dans un discours remarquable prononcé à Rome, au Palais du Latran, le 20 décembre 2007. Et d’ajouter : « Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire ».

Transposons au Québec. Imaginons une personnalité politique d’ici qui oserait tenir des propos pareils. Une large fraction de l’intelligentsia lui tomberait dessus. Car la post-modernité exige qu’on coupe avec ses racines. Surtout que pour cette intelligentsia le passé se résume à une grande noirceur. La clarté date d’aujourd’hui. Commence un nouveau siècle des Lumières.

À leur manière ces braves gens sont des créationnistes. Ils ne doivent rien à ceux qui ont œuvré jadis à la construction du pays. Encore moins à ce qui nous rattache à des racines chrétiennes. Le président de la France va leur apparaître bien ringard.

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