UNE CIVILISATION EN HÉRITAGE

« Toutes les civilisations ne se valent pas », a osé déclarer  un homme politique français(Voir LE DEVOIR, 6 février 2012). Il paraît qu’il ne faut pas dire des choses pareilles, car parler ainsi, ce serait faire preuve de racisme. De toute façon, toutes les civilisations sont mortelles, selon le dire de Paul Valéry. Donc, tout serait relatif quand on parle de civilisation.

Reconnaissons de prime  abord que si la civilisation dont on est héritier nous apparaît particulièrement valable, on n’a pas à en tirer quelque gloriole. On est tout simplement  un légataire chanceux. Tel est mon cas, à titre d’héritier de la civilisation doublement qualifiée de judéo-chrétienne et de gréco-latine. Elle est porteuse de  l’humanisme chrétien et de son prolongement en partie laïcisé, sécularisé ,  reconnaissable à ses composantes : dignité de chaque personne humaine, responsabilité, liberté, égalité, autonomie du temporel, devoir de solidarité, primauté de la raison , non-violence. Une civilisation qui a cheminé à travers des hauts et des bas. Les failles qui l’ont marquée au cours des siècles expliquent peut-être le regard pessimiste de Paul Valéry.

Le plus important ne consiste pas à se livrer à des comparaisons mais consiste plutôt à faire progresser l’héritage reçu. Ce qui requiert au départ de ne pas le renier ou d’en gommer la singularité.

1 pensée sur “UNE CIVILISATION EN HÉRITAGE”

  1. Claude Guéant a certes jeté un gros pavé dans la mare avec sa déclaration, surtout que la France est en période électorale et que tout propos est présentement vu comme cherchant à rameuter des votes ; dans ce cas-ci, ceux du Front national.

    On a moins de scrupules ailleurs, par exemple aux Etats-Unis, où depuis toujours on entend les présidents (et les candidats à la présidence) claironner que leur pays est le plus grand et le meilleur au monde. Là-bas on appelle ça du patriotisme et de la fierté nationale. Même chose en Afrique et en Asie, où l’on affirme sans complexe son identité propre.

    Mais, en Europe comme ici, une certaine gauche bien-pensante tient absolument à ce que nous vomissions sur nos origines : Christophe Colomb était un conquérant sanguinaire, comme Cortez et autres Jacques Cartier. Aristote et Jésus, au mieux, des pré-colonialistes. Il nous faut désormais avoir honte d’être qui nous sommes et crier haro sur notre histoire, en oubliant qu’elle explique d’où viennent ces valeurs qui expriment, toujours de mieux en mieux, notre humanité. Les autres civilisations n’ont pas cette obsession de la repentance et du rejet de soi-même.

    Bravo et merci pour ce rappel très opportun, en souhaitant qu’il nous incite à relever la tête.

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