QUAND LES PRINCIPES FOUTENT LE CAMP

Le Canada, l’un « des plus meilleurs pays du monde », comme disait un ancien premier ministre, interdit le recours à la torture mais en tire profit occasionnellement lorsque celle-ci est pratiquée en sous-traitance, par exemple en Afghanistan ou en Syrie. C’est ce que nous a appris un porte-parole gouvernemental qui niche au palier fédéral. Il a tenu à préciser que cela ne s’est produit que dans des cas où la vie de Canadiens était en danger. Et il n’a pas dit que ça ne se répéterait pas.

Comme si la fin justifiait les moyens. Etrange virage de la part d’un gouvernement qui cherche à projeter l’image d’un pouvoir à la morale rigide, soucieux de récompenser la vertu et de bien punir le mal. Au point de veiller à ce que de jeunes délinquants croupissent plus longtemps qu’avant en prison, ce qui leur permettra en contrepartie de multiplier les contacts avec des criminels endurcis qui disposeront ainsi de plus de temps pour leur enseigner les règles du métier.

Néanmoins – et heureusement- le Canada demeure signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, qui proclame (article 5) que « nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Reste le problème de réconcilier la belle déclaration avec des comportements qui la contredisent. Comme le dit un adage non dépourvu de cynisme : « Appuyons-nous sur les principes, ils finiront bien par céder ».

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