DE L’ARTISANAT À LA FRAUDE ORGANISÉE

Il fut un temps jadis où les mœurs électorales québécoises faisaient la manchette dans les médias. J’étais de ceux qui déploraient le manque de civisme qui affectait la vie politique. Mais je constate que ce je dénonçais alors avec d’autres apparaît, avec le recul du temps, comme de l’artisanat si on le compare avec ce qui s’est produit au Canada anglais le printemps dernier. Une fois de plus, diront certains avec humour, nous sommes dépassés par l’Ontario. On est sidéré face au spectacle de l’immense machinerie des appels téléphoniques trompeurs qu’on a mise en œuvre là -bas dans le but de priver des citoyens de l’exercice de leur droit de vote. On s’est évertué, froidement et cyniquement, à fausser le processus démocratique et ainsi empêcher des milliers d’électeurs de choisir librement leurs représentants.

Faut bien le reconnaître : la démocratie constitue un acquis historique jamais parachevé. C’est vrai ici et ailleurs. Le modèle américain fonctionne à coups de millions $, voire de centaines de millions$. Les élections en Russie dégagent une forte odeur de fraude. Dans certains pays on remplit d’avance les urnes pour assurer la victoire. Ailleurs, on emprisonne les adversaires politiques pour qu’ils ne puissent faire campagne. Nombreux sont les Etats où la soif du pouvoir prend le dessus sur le droit du peuple de choisir ceux qui exerceront l’autorité.

C’est le civisme, tant chez les acteurs politiques que chez les citoyens ordinaires, qui garantit le bon fonctionnement du processus démocratique. Ce substrat moral ne prend pas racine spontanément. Et il est sans cesse menacé par l’émergence de comportements qui portent atteinte au bien commun. C’est pourquoi le combat pour la démocratie ne connaît pas de cesse. Ce que vient de nous rappeler le scandale des appels téléphoniques.

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