CHRISTIAN DANS LA FOSSE AUX LIONS

À peine nommé, le nouvel archevêque de Montréal a accepté d’affronter les libres esprits qui forment l’aréopage de Tout le monde en parle. Il s’en est bien tiré, quoique sans éclat. Réussir à ne pas commettre de faux pas dans un contexte pareil, c’est déjà une sorte d’exploit.

Ceux qui ont accueilli l’archevêque Christian m’ont paru obsédés par les questions de sexualité, particulièrement celle de l’homosexualité. Ils semblent considérer l’autorité ecclésiale comme une institution spécialisée dans le domaine du sexe. À croire que  l’activité pastorale de l’Eglise soit centrée et concentrée sur de telles questions. A moins qu’on doive plutôt déduire que ces beaux esprits ne pensent point à autre chose, pareils à  ces prédicateurs de jadis qui donnaient l’impression que la morale sexuelle forme le fil conducteur du message évangélique.

L’archevêque Christian aurait sans doute aimé qu’on parle d’autre chose, par exemple de liberté de conscience et de religion, des inégalités sociales, du droit à la vie, de développement solidaire, de civisme, et j’en passe. Ce qui aurait été possible si ses interlocuteurs eussent montré de l’intérêt pour de telles questions.

3 pensées sur “CHRISTIAN DANS LA FOSSE AUX LIONS”

  1. «Ceux qui ont accueilli l’archevêque Christian m’ont paru obsédés par les questions de sexualité, particulièrement celle de l’homosexualité.» À qui la faute? La hiérarchie romaine (et les évêques choisis en conformité avec elle) sont eux-même « obsédés » par ces questions. N’a-t-on pas choisi Mgr Lépine pour sa formation en «théologie du corps»? Quel message cela donne? Il fut un temps où l’on choisissait comme évêques des hommes formés en sciences sociales. C’était le temps où l’inculturation de la foi était à l’ordre du jour de l’Église officielle. Aujourd’hui, on choisi pour Montréal un homme sans expérience épiscopale (à peine un an d’ordination épiscopale) et spécialisé en «éthique sexuelle». Comme disent les anglais «no wonder» on l’interroge sur les questions sexuelles… qu’est-ce qu’il connaît d’autres? S’il avait voulu parler de l’enseignement sociales de l’Église à TMEP, il n’avait qu’à le faire. Il n’avait qu’à essayer d’apporter la conversation sur ce terrain: la grève étudiante, la mise à pied sauvage des employés de l’usine Aveos… les enjeux ne manquent pas. Mais il ne l’a pas fait. J’ai peu de respect pour la superficialité de TMEP, mais ne charions pas! Cette entrevue de Mgr Lépine était carrément mauvaise, parce que son profil correspond exactement à ce que Rome veut aujourd’hui: une Église qui se pose en «contre-culture», qui n’a plus aucun souci de l’inculturation, qui se retire dans la sphère de l’affirmation identitaire et dans une rhétorique hermétique au commun des mortels. Une Église pour qui le mot «dialogue» est devenu un «buzz word» qui ne veut strictement rien dire… puisqu’un véritable dialogue impliquerait d’accepter de se laisser transformer et de changer de position… Ce qui n’est pas possible à Rome, semble-t-il… Alors on a ce qu’on mérite!

    1. Le commentaire de Marco Veilleux ne manque pas de piquant et contient plusieurs constats qui ne manquent pas de justesse. Il demeure que l’orientation de l’entrevue à laquelle s’est soumis le nouvel archevêque de Montréal ne dépendait pas ou bien peu de l’invité. Or les meneurs du jeu paraissaient vraiment obsédés par les questions d’ordre sexuel et peu enclins à parler d’autre chose, Ont-ils été agacés par le fait que leur invité soit un adepte de « la théologie du corps » ? Je ne saurais dire.

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