MOTION EMBARRASSANTE

Un député conservateur qui siège au Parlement fédéral a proposé qu’on revoie  la définition que le Code criminel donne de l’enfant, lequel affirme  que celui-ci «  devient un être humain lorsqu’il est complètement sorti vivant du sein de sa mère ». Mais avant, qu’est-il ? Cela, on le sait mieux de nos jours, grâce au progrès de la science, laquelle  confirme que le fœtus acquiert toutes les spécificités de l’être humain dès les premières semaines de son existence. La motion du député vise donc probablement à rouvrir  le débat sur l’avortement, ce dont  ne veulent pas entendre parler les partisans pro-choix.

Au fait, un tel débat est peut-être superflu, car la grande majorité des gens reconnait le  caractère humain du fœtus. Mais on n’aime pas le dire, car la reconnaissance de cette dimension devient embarrassante dans certaines situations qui revêtent un caractère dramatique. D’où l’invocation de motifs pouvant légitimer le recours à l’avortement,  tel par exemple le droit de la mère de disposer librement  de son corps, comme si le fœtus n’était qu’un appendice du corps  de la mère.

En contrepartie,  la perception anthropologique et morale n’entraîne pas de soi une affirmation juridique.  Le législateur peut déterminer  un cadre légal qui laisse place à une tolérance ou à une reconnaissance  qui ne s’arrime pas rigoureusement à la norme éthique. Il doit tenir compte du degré de sensibilité morale qui prévaut au sein d’une collectivité. Comme nous le rappelle saint Thomas d’Aquin,  la loi ne doit pas nécessairement interdire tout ce qui est mal ni imposer tout ce qui est bien.

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