CHARTE DE LA LAÏCITÉ EN PÉRIL

Après avoir anobli le turban et le kirpan, la Cour suprême du Canada , invoquant le principe de la croyance sincère, a décidé d’introduire le niqab dans les cours de justice, À l’inverse, au Québec, on fait fi de la croyance sincère pour interdire l’enseignement religieux dans les écoles, ce qui n’offusque pas la Cour suprême. Le multiculturalisme et l’intégrisme laïque croisent le fer mais s’entendent comme larrons en foire quand il s’agit de s’en prendre aux droits des parents en éducation. Déconcertées, la tolérance et la laïcité ouverte se cherchent une voie.

Dans ce contexte, l’avenir s’annonce difficile pour le projet d’une charte québécoise de la laïcité. Trois issues possibles : renvoyer le projet au lendemain de l’accession à la souveraineté politique, recourir à la clause de dérogation, pratiquer de façon ouverte et intelligente la laïcité déjà inscrite dans l’histoire de la nation.

Car, dans les faits, le Québec est bel et bien une société laïque. Reste à préciser ce que cela veut dire concrètement dans la vie de tous les jours. Ainsi faudra-t-il tenir compte de l’histoire, du passé vécu, de l’héritage transmis dont font partie les valeurs issues de l’humanisme chrétien. On n’assure pas le destin d’un peuple en pratiquant la coupe à blanc dans son passé. D’autre part, le multiculturalisme qu’on veut nous forcer à avaler n’est pas sans poser problème. Il est susceptible de nuire à la capacité d’intégration et de miner l’identité collective. Une charte de la laïcité perdra en partie son efficacité si elle est construite sur les débris d’une identité réduite en miettes.

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