QUERELLE DE PARVENUS

Les propriétaires de la Ligue nationale de hockey et les joueurs se sont querellés pendant des mois pour savoir comment on répartirait les millions$ que génère ce sport devenu plus ou moins populaire. Une querelle de parvenus qui n’a pas beaucoup retenu l’attention, sauf celle des journalistes voués aux activités sportives. Ces bien nantis qui se sont livré bataille n’ont pas attiré la pitié. On s’est intéressé plus au sort des itinérants qui sillonnent les rues de Montréal en temps de neige et de froid. La vraie misère des pauvres a éclipsé les tribulations des parvenus. C’est là, pour une collectivité, un indice de bonne santé morale.

On dirait qu’un niveau élevé d’enrichissement emprisonne dans une bulle certains de ceux qui en jouissent. Ceux-là donnent l’impression de ne plus savoir relativiser, de ne plus tempérer, de ne plus appliquer une juste mesure. Ainsi en est-il par exemple de ces Américains plusieurs fois millionnaires qui ont tenté de bloquer le fonctionnement de l’appareil étatique parce qu’on réclamait d’eux une contribution un peu plus significative à la richesse collective. Ils semblent isolés dans une bulle, insensibles à la notion de bien commun et au devoir de solidarité.

Il paraît que Bourdaloue, prédicateur célèbre, eut un jour l’audace de déclarer devant un auditoire de privilégiés : « On comprend le peu d’estime que la Providence a pour la richesse quand on voit à qui elle la confie ». J’ignore si ceux qui l’écoutaient ont bien saisi la portée de ses paroles. Je ne sais pas non plus si, de nos jours, son propos trouverait écho chez ceux que cela pourrait concerner.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *