DÉBUT D’UN TEMPS NOUVEAU ?

L’état de santé du pape Benoît XVI lui a fourni un motif tout à fait valable et légitime pour abandonner une charge devenue trop lourde .Au-delà de cette motivation le geste courageux que ce pape a posé comporte une dimension révolutionnaire. Il a mis fin au mythe d’un pape inamovible qui aurait le droit de figer l’Église catholique dans un état de stagnation nuisible pour la vie et l’évolution du monde chrétien. Benoît XVI, un conservateur révolutionnaire, a-t-on dit. Il y a du vrai là-dedans.

C’est la suite qui devient importante. On peut par exemple souhaiter la convocation d’un Concile qui renoue avec Vatican 11 et en prolonge les effets bénéfiques. Ce serait l’occasion de remettre de l’avant des dossiers disparus dans le décor ou envoyés aux oubliettes. À titre d’exemples : l’instauration d’une véritable collégialité où les évêques représenteraient les communautés de croyants avant d’être des préfets chargés d’exécuter les dictats d’un pouvoir romain ; le service pastoral de prêtres mariés ; le sacerdoce des femmes ; la restauration de l’ordre des diaconesses ; une Église où des croyants libres et responsables débattraient ouvertement de problématiques sociales qui affectent la condition humaine ; la mise à jour de l’éthique sexuelle ; une Eglise ouverte sur le monde plutôt que le repliement sectaire de petites communautés fermées sur elles-mêmes ; une Église capable d’audace, comme le souhaitait Jean-Paul II.

On peut rêver d’un virage ecclésial. Ce serait alors le début d’un temps nouveau.

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