CULTURE DU RESSENTIMENT

Si j’ai bien lu ce qu’a écrit le chroniqueur David Desjardins (LE DEVOIR,16 mars 2013), l’Eglise catholique serait « une institution qui nous dégoûte ». Peut-être ai-je mal lu. Il faut reconnaître d’autre part que le défoulement ne facilite pas la nuance. Or ici, dans sa chronique, le scribe s’est défoulé pas à peu près. Dans un cas pareil, on risque beaucoup de charrier et d’éclabousser tous azimuts.

« Une institution qui nous dégoûte » ? Pourtant, nombreux sont les historiens sérieux qui reconnaissent l’impact de l’action civilisatrice du christianisme : les moines bâtisseurs, les universités médiévales, les innombrables œuvres éducatives et caritatives, les institutions hospitalières, les missionnaires au service du développement des peuples, les multiples formes d’engagement social. Des noms célèbres marquent l’histoire : Augustin d’Hippone, Benoît de Nursie, François d’Assise, Thomas d’Aquin, Ignace de Loyola, Thomas More, Jean Baptiste de La Salle, Vincent de Paul, Jean Bosco, Henry Newman, Marie Guyart, Marguerite Bourgeois, Marguerite d’Youville, Sœur Teresa ; sans compter les milliers d’hommes et de femmes qui ont marché sur les traces des grands témoins de la foi , les millions de croyants porteurs d’une influence civilisatrice au sein d’une condition humaine toujours fragile : ceux qu’on appelle les saints du quotidien.

Ce volet de l’histoire n’a rien de dégoûtant et suscite l’admiration. Mais encore faut-il, pour pouvoir admirer, ne pas être enlisé dans l’ignorance ou prisonnier de la culture du ressentiment.

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