Quand l’éthique fout le camp

Je me souviens d’une époque dans l’histoire du Québec où l’éthique jouait un rôle important dans la vie politique. Telle fut celle où on a promulgué la loi actuellement en vigueur sur le financement des partis politiques ; une loi que tous les partis respectaient. Son but était d’assurer un fonctionnement plus sain de la vie démocratique. Elle n’était sans doute pas parfaite, mais il demeure qu’elle a contribué grandement à assainir les moeurs électorales. C’est une loi dont les Québécois peuvent être fiers et que d’autres Etats auraient avantage à imiter.

Or voici qu’on apprend que des acteurs politiques ou leurs proches trouvent cette législation trop exigeante. Ils recourent à des astuces pour échapper aux contraintes de la loi. Certains vont jusqu’à avouer qu’ils ignorent l’existence même de ces contraintes. De grands esprits en ont déduit qu’il faut changer la loi puisque celle-ci n’est pas respectée, comme si une loi perdait sa légitimité à partir du moment où certains la violent. Sublime raisonnement qui ne manque pas d’étonner.

En apparence, la société d’ici demeure la même qu’en ces temps où le civisme, avec ses valeurs et ses règles, avait préséance. Mais c’est comme si, subrepticement, sans trop qu’on s’en aperçoive, on avait abaissé la cote minimale de l’éthique et du civisme. Le recul est inquiétant.

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