HYPOTHÈQUE SOCIALE

Au cours de la récente consultation publique sur l’avenir des grands domaines de Sillery certains participants ont parlé du droit de propriété privée comme si celui-ci était un absolu et n’était pas grevé d’une dimension sociale. Une telle conception de la propriété privée s’inscrit bien dans la logique du libéralisme économique, quoique, là aussi, on émette des réserves au sujet de ce caractère dit absolu. Chose certaine, elle est étrangère à la pensée sociale chrétienne. Celle-ci privilégie la dimension sociale. Jean-Paul II va jusqu’à parler d’une « hypothèque sociale » : c’est-à-dire que « l’on discerne, comme qualité intrinsèque, une fonction sociale fondée et justifiée par le principe de la destination universelle des biens » ( Sollicitudo rei socialis, n.42). Il n’est donc pas incongru, quand on discute du droit de propriété et de son usage, de tenir compte de sa dimension sociale, ce qui n’exclut aucunement de reconnaître aussi son bien-fondé à titre d’appropriation privée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *