PRIX RENÉ-CHALOULT

(Attribué par l’Amicale des anciens parlementaires du Québec, le 7 mai 2013.Allocution de remerciement)

Je remercie ceux et celles qui me font l’honneur de m’accorder le prix René-Chaloult. Un geste d’autant plus apprécié que j’ai eu le privilège de connaître celui dont ce prix honore la mémoire. Il faisait partie d’une équipe dynamique d’hommes politiques réformateurs qui avaient décidé, dans les années 1935-36, de mettre fin à la grande noirceur libérale maintenue en place par Alexandre Taschereau. Parmi eux se distinguaient Paul Gouin, Philippe Hamel, J.E.Grégoire, Oscar Drouin. Des porteurs d’espoir qui proposaient un programme électoral inspiré par l’Ecole sociale populaire et où il était question de nationalisation des compagnies hydro-électriques, d’assainissement des mœurs politiques, des conditions de vie des travailleurs, de développement agricole.

On discutait beaucoup de politique à la maison et René Chaloult faisait partie de nos idoles. Lors de la victoire de l’Union nationale, en 1936, il fut élu député de Kamouraska. Réélu dans Lotbinière en 1939, il le fut de nouveau en 1944, dans le comté de Québec. Le défilé de la victoire, une tradition à l’époque, se termina au parc du Pont de Québec, non loin de la résidence de mes parents. Ce fut pour moi la première occasion de le rencontrer.

Fervent nationaliste, René Chaloult, qui jouissait de l’appui de Lionel Groulx, fut l’un des animateurs d’un vaste mouvement populaire qui aboutit à l’adoption du fleurdelisé. Au moment où il se préparait à présenter une motion en ce sens à l’Assemblée législative, le premier ministre Duplessis le prit de court en émettant une déclaration parlementaire qui faisait du fleurdelisé le drapeau officiel du Québec. C’était le 21 janvier 1948.

Quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion de revoir René Chaloult et d’échanger avec lui au sujet de son expérience politique. Il m’a appris beaucoup de choses. M’est resté le souvenir d’un homme politique lucide, droit, désintéressé, rêvant de faire du Québec un vrai pays. Il fut à son époque et à sa manière un pionnier de la souveraineté québécoise.

Recevoir le prix René- Chaloult, c’est donc pour moi un grand honneur. Pour cela je dis un gros merci à ceux et celles qui m’ont attribué ce prix.

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