LAC-MÉGANTIC

Comme des milliers de citoyens du Québec et d’ailleurs j’ai ressenti un choc devant l’ampleur et la tristesse du drame qui a perturbé la vie des habitants de Lac-Mégantic. Comme d’autres je suis troublé par le caractère en apparence imprévisible du drame, les lacunes techniques aux conséquences catastrophiques, les erreurs de gestion qui ont affecté le fonctionnement d’un système de transport devenu, avec les années, de plus en plus fragile.

Me reviennent en mémoire les propos d’un cheminot, membre de ma famille, qui déplorait les mauvaises conditions de travail imposées aux surveillants des voies ferrées de l’entreprise dont il faisait partie et les empêchaient de remplir leur tâche de façon adéquate. Déjà, à cette époque, on lésinait sur le nombre d’employés mis en service. On ne prenait en ligne de compte que la règle d’une rationalité à courte vue qui imposait la réduction maximale du nombre de travailleurs, quitte à prendre le risque que surviennent des accidents coûteux

Et il y a l’histoire de cette autre entreprise ferroviaire, qui jouissait jadis d’une grande réputation, mais qui fut en partie démantelée au profit de petites entreprises broche à foin que le pouvoir fédéral laisse depuis longtemps fonctionner sans trop les surveiller, sous prétexte qu’elles sont privées, donc supposément bien gérées. On vient de voir ce que ça donne.

Choc salutaire pour tous. Nous savons désormais que des compagnies ferroviaires transportent des bombes à retardement au milieu des villes et des villages. Nous réalisons que l’intervention des pouvoirs publics est indispensable quand il s’agit de protéger des vies et d’assurer le bien commun. On ne peut confier à des entreprises capitalistes privées la prise en charge de responsabilités de ce genre. Cela risque d’engendrer des coûts très élevés pour la collectivité. Le mythe du privé toujours meilleur vient de révéler ses limites. Et cela de façon spectaculaire et dramatique.

Reste à décider à quelle autorité publique il convient de confier cette tâche de surveillance et de régulation. Des spécialistes bien informés ont observé que le pouvoir fédéral s’est révélé inapte, dans ce domaine, à exercer une régulation efficace, et ce bien avant que n’éclate la tragédie de Lac-Mégantic. Le temps semble donc venu d’étendre la compétence québécoise au secteur du transport ferroviaire, et ce pour le plus grand bien tant des travailleurs du rail que des collectivités qui profitent de ce mode de transport.

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