CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS

L’Oeuvre d’Orient vient de dresser un bilan des exactions commises contre les chrétiens d’Égypte par les Frères musulmans et leurs disciples (Voir Agence Zénit, 10 septembre 2013). Le bilan couvre la période postérieure au 14 août 2013. Les chiffres sont éloquents et parlent d’eux-mêmes : 38 églises brûlées ou saccagées, 22 églises attaquées à coups de pierres, de cocktails Molotov ou de balles. A quoi il faut ajouter 8 écoles incendiées, 58 maisons, 16 pharmacies,85 magasins, 3 hôtels, des dizaines d’autocars, de voitures et d’installations appartenant à des Coptes. Il s’agit bien d’une persécution systématique dont l’un des objectifs est peut-être de forcer les chrétiens à prendre la route de l’exil.

Les communautés de chrétiens, plus particulièrement celles de religion catholique, sont parmi les plus persécutées dans le monde. À l’inverse, les pays marqués par l’histoire et la culture chrétiennes sont les plus accueillants pour les autres croyances et les autres cultures. Ailleurs on brûle des églises et on emprisonne des chrétiens, dans les pays de culture chrétienne on fait de la place pour la construction de mosquées et de temples d’autres religions. On dirait une manière de tendre l’autre joue après avoir encaissé une première claque. La logique chrétienne et humanitaire aboutit à des situations qui peuvent sembler bizarres. Mais il y a dans cette manière d’agir et de réagir quelque chose de beau qui dépasse la froide raison. Les Croisés de l’époque médiévale n’y comprendraient sans doute rien.

1 pensée sur “CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS”

  1. « Ailleurs on brûle des églises et on emprisonne des chrétiens, dans les pays de culture chrétienne on fait de la place pour la construction de mosquées et de temples d’autres religions. On dirait une manière de tendre l’autre joue après avoir encaissé une première claque. »

    En lisant votre phrase, cher monsieur O’Neill, j’ai eu une réaction qui ressemblait à cette autre :

    Plusieurs donc de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : « Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ? » (Jean 6, 60)

    Car votre rappel tout en douceur du message du pardon contient en réalité le « glaive » que Jésus disait apporter plutôt que la paix. Rien de facile. Nous vivons aujourd’hui la confrontation au vrai défi, au vrai monde, à la vraie persécution, individuelle comme collective, de la part non seulement de gens qui nous appellent les « infidèles », mais aussi de la part de « bon-ententistes » d’ici, qui ne comprendront pas votre message de pardon parce qu’ils ne perçoivent pas encore le danger, et encore moins l’offense commise. S’ils s’en rendaient compte, ils seraient sans doute les plus ardents partisans de la vengeance.

    Oui, votre parole est dure, car elle nous incite à considérer l’accueil que les chrétiens offrent aux autres, malgré cette terrible et douloureuse injustice de la persécution qu’ils subissent ailleurs, comme une manière de « tendre l’autre joue ». Ce qui veut dire, en langage clair, pardonner. Et pardonner, c’est répondre au mal par le bien. Et ça, c’est terriblement difficile.

    Michel Leclerc

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