LAMPEDUSA

Triste saga, plusieurs fois répétée, cette histoire de réfugiés politiques ou économiques, honteusement rançonnés par des passeurs sans scrupule, embarqués sur de vieux rafiots, qui tentaient de rejoindre l’Europe par l’île de Lampedusa. Les passagers rêvaient d’une vie meilleure. C’est la mort qui les attendait, au large des côtes italiennes.

Des conflits interminables, l’oppression ou l’ineptie politique, la misère, la famine expliquent en grande partie ces aventures dont l’íssue sera souvent fatale. Heureusement, grâce à la télévision et à d’autres médias, un éveil de l’opinion publique est en train de se produire. Le scandale ne peut plus durer. Il faut accueillir plus généreusement, mais il faut aussi porter attention aux sources du drame. C’est parce qu’ils font face à un avenir sans issue que des centaines de jeunes risquent leur vie dans l’espoir d’atteindre cette Europe qu’ils entrevoient comme l’eldorado de leurs rêves.

Les drames à répétition qui se produisent à Lampedusa nous dérangent. Puisse cela nous inciter à chercher avec d’autres des solutions pouvant y mettre fin. Il faut admirer d’autre part ces officiers et ces marins qui patrouillent les eaux italiennes, prêtent secours aux naufragés et tentent de leur mieux de limiter les pertes de vie. En amont du drame beaucoup d’exploiteurs, de bandits et d’escrocs, en aval des héros anonymes.

1 pensée sur “LAMPEDUSA”

  1. Lampedusa est une petite île italienne d’une superficie de 20,2 km2 et peuplée par moins de 6 000 habitants, située à environ 200 km au sud d’Agrigente (Sicile), entre l’île de Malte et la Tunisie.
    31 700 migrants sans papiers sont arrivés sur l’île en 2007, 23 000 en 2005, 13 000 en 2004 et 8 000 en 2003. Entre les 11 et 13 février 2011, plus de 5 000 Tunisiens sans papiers sont arrivés sur l’île, profitant d’un relâchement de surveillance douanière et policière suite à la Révolution tunisienne du 14 janvier 2011.
    Le 8 juillet 2013, le pape François s’est rendu en visite à Lampedusa pour attirer l’attention du monde sur la situation de ces migrants. Il y a célébré une messe sur un autel fait d’une partie de l’épave d’une embarcation à bord de laquelle des migrants ont péri quelques mois plus tôt.
    Les habitants de l’île, en majorité des pêcheurs, ont fait preuve d’une générosité exemplaire en les accueillant à répétition, et en appliquant le droit de la mer, un ensemble de règles non écrites mais inscrites dans les traditions et dans les cœurs, selon lesquelles un marin doit se porter au secours des personnes en péril en mer. Deux pêcheurs ont même fait face à la justice récemment pour avoir ainsi enfreint les lois relatives à l’immigration illégale…
    Les lampedusains sont d’une générosité exemplaire, mais ils se trouvent confrontés à une situation dont l’ampleur les dépasse. Ils font appels aux autorités du pays pour que ces dernières interviennent d’une manière beaucoup plus importante que d’ériger des camps de réfugiés dans des parties inoccupées de leur île, dans des conditions à la limite de l’acceptable. La mairesse de Lampedusa a eu d’éloquents cris du cœur à ce sujet.
    À son tour l’Italie se tourne vers l’Europe en adjurant cette dernière de se rendre compte qu’il s’agit d’un problème européen, et pas seulement italien. La géographie fait de l’Italie la porte d’entrée la plus proche, la plus accessible, pour ces réfugiés d’Afrique du nord cherchant à atteindre un monde meilleur. Il est difficile de convaincre les Polonais, les Allemands ou les Anglais que ce problème les concerne eux aussi. Les Européens font face déjà à d’immenses problèmes de chômage et de gestion de la main d’oeuvre ainsi qu’à une problématique de plus en plus difficile en matière d’immigration.
    « Régler le problème à la source », faire disparaître les iniquités ou les totalitarismes des pays que les migrants cherchent à fuir… On le souhaite tous.
    Mais entretemps on voit des hommes de bonne volonté accueillant de leur mieux, et mieux que leurs élites, de pauvres gens mal pris. Qui sans le vouloir aggravent le problème du pays où ils débarquent. Gros problème, face auquel il faudra mettre beaucoup de bonne volonté, d’imagination et d’appels à l’aide des lumières du Seigneur.

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