FASCINATION DE L’OR NOIR

« L’environnement conçu comme une ressource met en danger l’environnement comme habitation». Cette réflexion de Jean-Paul II revêt une grande actualité au moment où l’on constate la fascination qu’exerce sur les décideurs politiques québécois le projet d’aménager un oléoduc qui permettrait de faire transiter, au milieu des habitations, des terres agricoles et des plans d’eau, un pétrole lourd assaisonné de substances toxiques, en provenance des sables bitumineux de l’Alberta. Les risques sont grands et les avantages incertains, comme l’a fort bien démontré l’éditorialiste Josée Boileau dans Le Devoir du 9 décembre 2013. Pourtant, seulement deux membres de l’Assemblée nationale ont exprimé une véritable inquiétude face au projet. Les autres rêvent de pétrole comme jadis rêvaient de manne les Hébreux dans le désert.

L’environnement comme habitation implique que l’on ne doit pas mettre en danger la la qualité de l’espace de vie que nos ancêtres nous ont légué. Cela suppose aussi qu’on s’applique à lutter contre l’accroissement des gaz à effet de serre. Or l’exploitation des sables bitumineux contribue grandement à cet accroissement. Favoriser l’exploitation du pétrole albertain, c’est risquer de mettre en péril la qualité de l’environnement, au Québec et ailleurs.

L’engouement pour du pétrole empoisonné et empoisonnant étonne d’autant plus que le Québec dispose de vastes réserves d’énergies propres, hydroélectriques et éoliennes. Le pays d’ici peut de surcroît importer, de façon relativement sécuritaire, du pétrole beaucoup moins polluant que celui qui provient des sables bitumineux, et ce tout en réduisant progressivement sa dépendance à l’égard de l’or noir. Pourquoi alors prendre de tels risques en s’approvisionnant de pétrole empoisonné porteur de dangers incommensurables ?

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