Sépharade

Eliette Abécassis
Paris, Albin Michel, 2009

C’est en empruntant la forme du roman que l’auteur nous fait pénétrer dans un espace social issu de la judaïté et qui fut longtemps soumis à des influences multiples : la culture arabe, le monde chrétien espagnol de la Reconquista, la culture française. Ces Juifs sépharades se distinguent des ashkénaze, originaires de l’Europe de l’Est et dont leparcours historique est fort différent. Une frontière culturelle et sociale sépare les deux branches : barrière tangible aujourd’hui en Israël, où les Ashkénaze tentent d’imposer leur domination sur les Juifs issus du monde méditerranéen.

Esther, l’héroïne du roman, essaie de cerner sa propre identité au sein d’un univers où les règles familiales, les traditions et l’histoire pèsent lourd sur les destins individuels. C’est comme si elle incarnait un modèle de multiculturalisme. Mais l’héritage juif demeure le seul véritable socle identitaire auxquels se sont ajoutés les apports culturels et sociaux venus de l’extérieur.

La description du monde auquel appartient Esther nous aide à cerner cette diversité, aussi à mieux évaluer la richesse et à mieux percevoir l’étrangeté de traditions dont les racines remontent à l’ère judéo-chrétienne. On constate qu’en connaissant mieux le judaïsme on en sait plus aussi sur le christianisme, dont l’identité s’est structurée à partir du monde juif avec lequel il a rompu.

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