DES MOTS QUI NE FONT PAS PEUR AILLEURS

Ailleurs dans le monde on parle d’indépendance, de souveraineté ou encore de référendum comme désignant des outils politiques précieux. Ce ne sont pas des mots qui font peur. Au Québec,on dirait que pour bon nombre de fédéralistes ce sont des maladies. Par exemple, on dénonce le « spectre » d’un éventuel référendum , alors que le recours à cette forme de consultation populaire est vu ailleurs comme une pratique démocratique génératrice de paix sociale. Sauf quand une puissance impérialiste l’utilise à ses propres fins.

Quant à l’indépendance politique,- ou la souveraineté si l’on préfère- , près de deux cents nations dans le monde la considèrent comme un acquis historique précieux, «  une vraie affaire ». Allons dire à des Ukrainiens . des Polonais, des Lettons, des Estoniens, des Lituaniens, des citoyens du Timor-Oriental, des Algériens , des Soudanais du Sud, des Croates, des Slovènes, d’ex-colonisés de provenances diverses qu’ils se sont attaqués à un faux problème en revendiquant l’indépendance politique. Écoutons la réponse. Étonnant que pour beaucoup de nos fédéralistes la tutelle que subissent les Québécois apparaisse comme un idéal alors qu’ailleurs on n’en veut pas.

Faut reconnaître que l’indécision qui pour le moment prédomine chez nous favorise ce statut anormal. Car c’est l’affirmation au départ d’une volonté collective et majoritaire.qui permet de se donner un pays à soi. Ce que rend possible la tenue d’un ou plusieurs référendums. Lesquels ne sont pas des spectres qui sèment la peur, mais apportent plutôt un éclairage précieux et fournissent un guide pour l’avenir. Lesquels aussi témoignent d’une bonne santé démocratique, ce dont il faut se réjouir.  

2 pensées sur “DES MOTS QUI NE FONT PAS PEUR AILLEURS”

  1. Le problème avec l’emploie de référendum, c’est qu’il n’y a pas de gagnant clair. Normalement, quand on tient un référendum, c’est parce qu’on sait d’avance que la proposition sera acceptée. Quand on ne sait pas, c’est une grosse perte de temps. On utilise le référendum pour essayer de convaincre les gens de la souverainté (et peut-être même acheter la souverainté) au lieu de gagner la partie d’avance. Finalement, les québécois sont ambivalents face à la souverainté.

    En tant que Canadienne d’origine québécois, je trouve offensive la notion que les Canada exerce une « tutelle » sur les québécois, comme si la volonté des canadiens étaient de garder le Québec comme une sorte de colonie. C’est plutôt que les souverainistes veulent se servir de modèle colonialiste (et démodé!) pour justifier la souverainté, quand ce modèle n’est pas du tout applicable.

    La souverainté, ça revient à rejeter le Canada. Si le Canada est un pouvoir colonial, on ne déclare pas son amour pour son oppresseur. L’oppresseur est celui qui nous fait du mal qui nous étouffe.

  2. Vous faites bien de rappeler que le référendum est une « pratique démocratique génératrice de paix sociale »

    L’un des arguments les plus pervers que l’on entende à l’encontre du référendum est du même ordre que celui brandi contre la Charte de la laïcité : un référendum sur la souveraineté serait néfaste « parce qu’il diviserait les Québécois ». Comme si les « pauvres gens » que nous sommes étions incapables du moindre débat , comme s’il fallait ne parler que des sujets qui font l’unanimité. Plus de débat gauche-droite, plus de débat religion-laïcité, plus de débat pour ou contre l’exploitation des gaz de schiste, non plus que sur le péage aux autoroutes ou sur les ponts, le mariage gay ou le financement des écoles privées.

    Il est navrant d’entendre le PLQ et la CAQ crier que non seulement ils ne veulent pas que le Québec devienne un pays, mais qu’en plus les Québécois ne devraient même pas être consultés sur ce sujet, puisqu’ils ne seront pas tous du même avis.

    Quel mépris, qui traduit leur volonté de faire peur à la population.
    Le PLQ et la CAQ tablent sur l’image des « Québécois qui n’aiment pas la chicane ». Ils espèrent nous convaincre que nous avons peur de donner notre avis.

    Donnons-leur tort.

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