JANETTE EN CROISADE

Janette Bertrand en veut aux religions, à toutes les religions, à commencer par la religion catholique.(Voir LE SOLEIL, 11 mars 2014).  Certaines revendications qu’elle formule sont fondées. Elle voudrait par exemple que les femmes aient accès au sacerdoce. Je suis heureux d’apprendre que cette question, spécifiquement ecclésiale, l’intéresse. Tout comme elle préoccupe des milliers de chrétiens, les uns étant favorables à l’idée, les autres non. Mais l’Église évolue. Attendons la suite.

Autre débat : il fut  un temps où des théologiens affirmaient que le droit de vote était une prérogative des hommes. Ainsi pensaient le Cardinal Villeneuve et de nombreuses personnalités religieuses et politiques de son époque. En revanche,  devant le risque que les communistes prennent le pouvoir en Italie, Pie XII mobilisa l’électorat féminin. Il enjoignit même aux religieuses cloitrées de sortir de leur couvent et d’aller voter. Le vote féminin, encouragé par le pape, sauva l’Italie de la menace communiste.

Égalité homme-femme, droit de vote universel, droit à l’éducation pour tous,  équité salariale : des valeurs dont la Doctrine sociale de l’Église fait la promotion . Auxquelles s’ajoutent  d’innombrable réalisations   en éducation, en santé, en services sociaux et dont les femmes bénéficient à l’égal des hommes . Bénéficiaires mais  aussi , en maints cas, initiatrices et chefs de file. Ce n’est pas un mauvais bilan pour une religion de présumés phallocrates.

1 pensée sur “JANETTE EN CROISADE”

  1. Les prescriptions millénaires qui ont repoussé la femme dans les rôles les plus ingrats, les plus inférieurs, les plus soumis, découlent d’abord de normes culturelles (si l’on peut appeler ainsi les habitudes de vies prévalant en ces époques lointaines). Quand on vivait au désert, à dos de chameau, à la recherche de nourriture, de points d’eau et de territoires, et que toute la Loi était exprimée par les chefs de tribus, les femmes devaient subir et accepter leur place de génitrice, de cuisinière et de femmes d’entretien.

    Les religions sémitiques (judaïsme et islam) se sont moulées sur les coutumes qui prévalaient à leur époque, et ont décrété que ces traditions humaines reflétaient la « volonté de Dieu », les chefs du peuple s’en proclamant les interprètes.

    Seul Jésus s’est démarqué d’un tel amalgame, reprochant aux clercs de son époque d’être davantage fidèles aux traditions qu’à Dieu.

    Depuis, la condition des femmes a évolué, comme bien d’autres aspects de nos sociétés.

    Les religions, pour leur part, n’ont suivi le mouvement qu’avec réticence, et ont plutôt eu tendance à rester figées dans les moules hérités des cultures anciennes qui avaient présidé à leur naissance. Les religions ont continué à chercher à imposer comme « venant de Dieu » des « lois » qui n’étaient en fait que des prescriptions traditionnelles sur la manière d’organiser leur société et de régler leurs vies, à leur époque. Ce modèle ne fonctionne plus aujourd’hui dans notre hémisphère, et c’est tant mieux.

    Le catholicisme n’est certainement pas la « pire » des religions, même à la lumière des critères de Janette Bertrand. Il a beaucoup évolué et continuera de le faire, comme vous le soulignez, même si, comme le déclarait le cardinal Carlo Maria Martini dans ses derniers entretiens, « l’Église a deux cents ans de retard ». C’est encore beaucoup moins que les deux autres religions monothéistes.

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