COMMENT EST-ON PROGRESSISTE?

À une certaine époque, au temps où le marxisme était une religion, on arguait : si quelqu’un affirme qu’il ne sait pas s’il est de droite ou de gauche, c’est qu’il est de droite.   Pas toujours facile à décoder  dans les faits. Le même problème se pose de nos jours avec l’étiquette de progressiste. Il apparaitraît par exemple que si l’on est favorable à l’avortement généralisé, au mariage pour tous, à l’euthanasie, on est progressiste. Si on se positionne en sens contraire, on est réactionnaire. Si d’autre part  on milite en faveur de la justice sociale, d’une meillleure répartition de la richesse collective, de la protection de l’environnement, on est progressiste. Mais comment ficher  ceux et celles qui sont progressistes dans le domaine social tout en demeurant attachés à des valeurs telles que le respect du caractère sacré de la vie et le mariage  traditionnel?

Je n’ai pas de réponse à cette question. C’est  flatteur d’être considéré comme progressiste . Mais il faut se résigner, selon les cas et les circonstances, à être étiqueté tantôt comme progressiste, tantôt comme réactionnaire. L’important, ce sont les valeurs que l’on défend. Sans oublier que ceux qui distribuent les étiquettes ne sont pas toujours d’une compétence transcendante pour effectuer cette tâche.

2 pensées sur “COMMENT EST-ON PROGRESSISTE?”

  1. J’aime beaucoup votre billet parce qu’il rend compte de la difficulté, pour un esprit honnête, de se définir de manière finale comme progressiste ou conservateur.
    On sera l’un ou l’autre, selon le cas soumis.
    Lors d’un lointain voyage à Cuba avec ma fille qui avait alors environ treize ans elle m’avait demandé si « c’était bien », le régime communiste. Très embêté, j’avais répondu que la gratuité pour aller à l’école, à l’hôpital et au musée c’était très bien, mais que l’obligation de travailler dans tel domaine à tel endroit, d’assister aux réunions des comités de quartiers et de dénoncer ses voisins pas assez « fidèles », c’était mal.

    Ça dépend des sujets. Quant il faut choisir entre la liberté et la sécurité, chacun doit décider de sa réponse. Il est rare cependant que les options offertes soient aussi tranchées.

    Il y a aussi, comme vous dites, l’accaparement des étiquettes « sympathiques » par certaines « élites » généralement auto-proclamées progressistes, au point de discréditer les autres. Mathieu Bock-Côté, qui professe un nationalisme conservateur à la Lionel Groulx, emporte mon adhésion et représente éloquemment le point de vue de bien des souverainistes. Mais comme la gauche ne le considère pas comme progressiste, il est honni des cercles bien-pensants. Ce sera le malheur du mouvement indépendantiste si la vision qu’il privilégie est écartée de l’arc-en-ciel jadis souhaité par René Lévesque. Ainsi divisé et tronqué, le mouvement ne pourra pas être victorieux.

    Libérons-nous des étiquettes.
    L’important, comme vous le dites, ce sont les valeurs que l’on défend.

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