LE PONT DE LA DISCORDE

Cocasse, étrange, également un peu humiliante, scandaleuse aussi,  cette querelle entre deux instances fédérales concernant l’entretien et la préservation du Pont de Québec, dont l’imposante stature a agrémenté le paysage de mon enfance.

En ce temps-là, l’oeuvre architecturale et technologique que représente ce pont était pour tous un objet de fierté. La huitième merveille du monde, disait-on. Jamais se serait-on abaissé à laisser se dégrader l’oeuvre  dont on disait tant de bien, jamais  aurait-on oser risquer de mettre son avenir en péril.

Mais nous vivons à une autre époque, celle de la primauté de l’économie et de la comptabilité. Il ne suffit plus de s’émerveiller, il faut savoir compter ses sous. Au fait, ce sont les sous des contribuables que l’affaire concerne, car ce sont ces derniers  qui, quoi qu’il advienne, acquitteront  la facture. Querelle de comptables qui met en péril  l’avenir de cette merveille qui fut et demeure  motif de fierté. Compte tenu de l’enjeu,  on aurait  estimé indécent jadis de se quereller pour une affaire de peinturage. C’était à une époque où les gens étaient moins fortunés mais apparemment  mieux pourvus  de la sensibilité requise pour bien distinguer entre le principal  et l’accessoire, entre l’essentiel et le dérisoire.

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