UN SILENCE QUI INQUIÈTE

En Syrie, en Irak, au Soudan, au Kénya, en Somalie et ailleurs des musulmans assassinent des chrétiens mais aussi d’autres musulmans. Il arrive parfois que les crimes sont perpétrés sous l’oeil des caméras. Des musulmans s’enfuient, espérant connaître un meilleur sort dans d’autres pays.  Le monde islamique est devenu en bonne partie une terre marquée par la violence.

Des voix s’élèvent pour exprimer l’horreur et la désapprobation. Mais celles que j’entends ne proviennent pas- ou rarement – du monde musulman. Comme si la tolérance face à la violence était devenue une coutume, une habitude, dans l’espace marqué par l’islam.

Des experts chrétiens et musulmans s’adonnent à l’oécuménisme. J’espère que dans leur  dialogue interreligieux ils trouveront du temps pour parler des pauvres gens qu’on assassine au nom d’Allah, qu’ils soient musulmans ou non.  Et peut-être voudront-ils manifester leur indignation à haute voix. Ce qui serait une bonne façon de démontrer l’utilité des échanges auxquels ils s’adonnent.

4 pensées sur “UN SILENCE QUI INQUIÈTE”

  1. Bonjour M. O’Neill,

    Vous écrivez: « Mais celles que j’entends ][les voix] ne proviennent pas- ou rarement – du monde musulman. Comme si la tolérance face à la violence était devenue une coutume, un habitude, dans l’espace marqué par l’islam. »

    Nous ne sommes pas ici en pays musulman. Peut-être qu’en pays musulman, on dénonce aussi ces violences. Ce serait à vérifier.

    Au plaisir,

    Jean-Pierre Proulx
    journaliste et professeur retraité

    1. Comment vérifier? Comment imaginer d’autre part que les médias internationaux ne feraient pas écho à de telles prises de parole, si elles s’affichaient publiquement?

  2. Le monde musulman est composé à plus de 85 % de sunnites, dont font partie les rebelles de « l’État Islamique en Irak et au Levant » qui cherchent présentement à s’emparer de l’Irak. L’Iran et l’Irak , à majorité chiites, représentent des exceptions mal acceptées par les sunnites purs et durs, notamment par l’Arabie saoudite qui préconise une version radicale du sunnisme ( le wahhabisme).

    Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que le milliard (et plus) de musulmans sunnites dans le monde n’aient pas la moindre envie de lever le petit doigt pour empêcher les jihadistes d’instaurer enfin une version orthodoxe de la charia dans cet Irak « tiède », et dans les autres pays où l’islam est présent.

    D’où aussi la soudaine disponibilité de l’Iran à parler à Obama, ce dernier tendant l’oreille, on ne sait pourquoi; comme il le fait aussi à l’appel à l’aide de l’Irak. Au risque de remettre « le bras dans le tordeur ».

    Si les musulmans purs et durs traitent ainsi leurs coreligionnaires jugés trop mous dans leur ferveur religieuse, comment pensez-vous qu’ils considèrent les gens des autres religions ?

    Malgré les horreurs actuelles, il ne faut surtout pas que l’Occident commette une nouvelle fois l’erreur de s’immiscer dans ce volcan en éruption . Toute nouvelle intervention occidentale en Irak ou dans d’autres pays musulmans aura pour effet de provoquer le résultat contraire à celui recherché, en ranimant chez les radicaux le sentiment d’avoir aussi un autre ennemi à combattre : nous, les « infidèles ». Cela donnera une raison de plus aux musulmans de tous bords d’en vouloir à l’Occident mécréant, et de chercher à tuer ses « croisés » où qu’ils se trouvent dans le monde.

    Le dialogue interreligieux n’a de sens, et de chance, que s’il existe une incontestable bonne foi de chaque côté. Autrement il n’est que naïveté mortellement dangereuse.

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