ON NE PEUT RESTER SILENCIEUX

Le prêtre et le lévite dont il est question dans la parabole du Bon Samaritain déploraient le sort du voyageur attaqué par des brigands. Mais ils n’avaient pas le temps de lui prêter secours. Ils devaient composer avec un horaire chargé. Le Bon Samaritain modifia son horaire et intervint sur-le-champ, sans hésiter. Il sut être proche de celui qui avait besoin d’aide. Ainsi peut-on souhaiter que, face au drame de Gaza, notre bon pape François intervienne en faisant plus que déplorer de façon générale, comme il l’a fait, le sort des enfants victimes des guerres. Je le voudrais plus proche du drame.

Le soutien du pape François pourrait prendre la forme d’une prise de parole claire et ferme. Car voici que des criminels bombardent des écoles, une université, des mosquées, des centres de refuge, même un hôpital dit-on. Ils ont tué des enfants qui jouaient sur des plages ou aux abords des écoles. Ils ont bombardé des centaines de maisons et ont même détruit la centrale électrique de Gaza dans le but d’aggraver la misère collective. Ils terrorisent la population. Ce sont donc des terroristes, beaucoup plus terrifiants que leurs ennemis. On ne peut passer sous silence de pareils actes de barbarie sous prétexte que les victimes ont aussi des torts. Voilà pourquoi je souhaite que le pape François exprime clairement et fermement son indignation. Le monde civilisé lui en sera reconnaissant.

1 pensée sur “ON NE PEUT RESTER SILENCIEUX”

  1. Bien lancé, mais il ne faudrait pas se contenter d’une condamnation papale de la barbarie d’Israël. Ce n’est pas non plus une question de qui fait le pire ou une simple question d’équilibre: « L’un s’indignera de l’envoi de roquettes contre des populations civiles ; l’autre lui objectera que la « riposte » israélienne fut beaucoup plus meurtrière. Un crime de guerre partout, balle au centre, en somme ». … Il s’agit plutôt, poursuit Serge Halimi, des causes de cette violence, de cet acharnement. « Et ainsi on oublie le reste, c’est-à-dire l’essentiel : l’occupation militaire de la Cisjordanie, le blocus économique de Gaza, la colonisation croissante des terres. Car l’information continue ne semble jamais avoir assez de temps pour creuser ce genre de détails. Combien de ses plus gros consommateurs savent-ils, par exemple, qu’entre la guerre des six jours et celle d’Irak, soit entre 1967 et 2003, plus du tiers des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ont été transgressées par un seul Etat, Israël, et que souvent elles concernaient… la colonisation de territoires palestiniens (1) ? Autant dire qu’un simple cessez-le-feu à Gaza reviendrait à perpétuer une violation reconnue du droit international ». Monde diplomatique, août 2014
    Je suis convaincu qu’il faut profiter du momentum pour aller plus au profonds des choses car un simple cessé le feu, une trêve, ne fera que « pelleter en avant » les causes du drame – Emprisonnement massif de palestiniens, blocus total, occupation militaire des territoires palestiniens, colonisation des meilleurs terres, mur de la honte, mille et une vexations, dénie du droit au retour ou à de justes compensations, etc. – et remettre à demain une nouvelle intifada et une nouvelle opération d’anéantissement de Gaza, devenue depuis 2006 un vaste « Camp de concentration ».
    Pierre Bonin

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