UN TROU DANS LE BAS DE LAINE

Le président du Conseil du Trésor aimerait qu’on lui fasse savoir quels services il devrait supprimer afin d’atteindre le déficit zéro. Son invitation surprend un peu,  puisque le gouvernement dont il fait partie se vante  d’être fort compétent dans la gestion du trésor public et donc en mesure de repérer et de boucher lui-même les trous qui pourraient détricoter notre bas de laine collectif. Quoi qu’il en soit , je suis plutôt enclin à suggérer  que son gouvernement se préoccupe en premier lieu de rapatrier des ressources fiscales dont il se prive, directement ou indirectement,  et dont l’ampleur permettrait  non seulement  de maintenir les services actuels mais même de les accroître. On sait par exemple , grâce à un  rapport publié par des  experts en mai 2014, que pour la seule année 2013 le Gouvernement canadien  a laissé filer dans des paradis fiscaux plus de 170 milliards$, et ce au profit de grandes entreprises et de grandes fortunes privées, dont plusieurs ont pignon sur rue au Québec.

Dans un contexte de fédéralisme coopératif  comme celui que préconise  le gouvernement québécois actuel, il serait logique que celui-ci fasse cause  commune avec  le pouvoir fédéral afin de mettre fin à ce détournement de fonds  pour ensuite exiger qu’on lui retourne la juste part de l’argent rapatrié. Une juste part qui pourrait sans doute atteindre plusieurs milliards$.  De quoi réjouir le  ministre québécois des Finances  et  rendre superflue la cure d’amaigrissement à laquelle nous convie le président du Conseil du Trésor.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *