ABORDER LE PROBLÈME AUTREMENT

Dans le débat concernant les régimes de retraite des employés municipaux on a cherché  à donner de ceux-ci l’image de privilégiés qui, grâce à des négociations menées manu militari, auraient réussi à se doter de conditions de retraite plantureuses jugées maintenant  trop généreuses. Pourtant, les avantages décriés n’ont rien de mirobolant. En fait, le vrai problème, c’est celui de retraités qui ne peuvent compter sur des fonds de retraite privés  et doivent se contenter, en maints  cas, de ce que leur consent le régime universel de base, parfois accompagné du supplément de revenu garanti.

Vaudrait mieux , au lieu de s’en prendre à ceux qui profitent d’un retraite décente, relever le niveau de revenu de ceux que ne peuvent compter que sur des ressources minimales nettement insuffisantes. C’est  la manière de voir que Jacques Racine, théologien et éthicien, met de l’avant dans un article fort éclairant publié dans Pastorale-Québec. (Novembre 2014).

Première mesure : améliorer le régime universel de base en augmentant les prestations et en tenant compte du fait que «  beaucoup de personnes, particulièrement des femmes dont le travail a été peu ou pas rémunéré, n’ont aucun accès à un régime adéquat ». Donc améliorer le revenu de base actuel plutôt que de chercher à  généraliser la précarité.

Deuxième mesure : favoriser l’essor de fonds privés en faisant appel à la prévoyance et au sentiment de solidarité des travailleurs et des travailleuses. La disparition des régimes privés, souligne Jacques Racine, n’aiderait en rien ceux qui n’en n’ont pas. Il faut plutôt souhaiter que leur nombre augmente. «  C’est l’augmentation de leur nombre, grâce à l’engagement personnel et solidaire des travailleurs dès leur entrée sur le marché du travail , qui est souhaitable dans une société où l’on pousse les gens à la consommation plus qu’à l’épargne »

Une approche positive, bien préférable à la confrontation qu’on tente de susciter entre les pauvres et les gens de revenu modeste.

1 pensée sur “ABORDER LE PROBLÈME AUTREMENT”

  1. Bonjour M. O’Neill,
    Heureux de voir que vous lisez toujours Pastorale-Québec avec autant d’attention.
    Effectivement, je trouvais moi aussi très éclairante la réflexion de Jacques Racine.

    René Tessier

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