LA CHASSE AUX PAUVRES

À la fois loufoque et triste cette histoire d’une assistée sociale handicapée  que l’on pourchasse parce qu’elle a omis de déclarer un revenu d’appoint provenant des sous qu’elle récolte  en quémandant auprès des passants dans le métro de Montréal. Une activité qu’elle a eu le courage de pratiquer  pendant dix ans.  On lui a réclamé un remboursement de quelque $25000 qu’elle devra puiser à même la modeste rente mensuelle dont elle bénéficie mais qui ne lui permet pas de sortir de la pauvreté.

Ainsi veut la loi, aurait dit le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Car la  loi, c’est la loi, et elle vaut pour tous. Mais l’affaire n’est pas si simple. Déjà, à son époque, le sage  Cicéron soulignait le danger de l’extrémisme légal. « Summum jus, summa injuria », disait-il. C’est -à-dire que l’application bête et brutale de la loi peut tout simplement engendrer de nouvelles injustices. Il y a la loi, mais il y a aussi le bon sens, l’équité et une certaine requête d’humanité.

Tandis que des fonctionnaires zélés  pratiquent la chasse aux pauvres des entreprises florissantes s’adonnent en toute tranquillité  à l’évasion fiscale, sans avoir trop à craindre l’intervention de représentants de l’État dont la mission serait de voir à ce que les plus nantis s’acquittent convenablement de leurs obligations envers le trésor public. Plus simple de s’en prendre aux pauvres. Ils  n’ont même pas les moyens de se défendre.

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