LE BÉTON ET LA SANTÉ

On construit à Montréal deux méga-hôpitaux qui ouvriront leurs portes dans un proche avenir. Et voici qu’on projette d’en bâtir un autre à Québec, bien gros, bien costaud. Du béton tout neuf. On en a besoin, dit-on , pour assurer de meilleurs soins de santé.

Du béton tout neuf, une garantie de santé? À Paris, plusieurs centres hospitaliers de grande réputation logent dans de vieux bâtiments rénovés, dont certains datent de plusieurs siècles. Des citoyens ordinaires, mais aussi des gens renommés provenant de divers pays viennent y recevoir  des traitements médicaux qui se situent à la fine pointe du savoir médical. La vétusté du béton ne dérange personne. C’est la qualité des soins qui  attire les gens. Cela vaut pour tout  réseau de la santé. Ce dont rêvent les patients,ici comme ailleurs, c’est de ne pas avoir à attendre des mois avant de parler à un médecin de famille, d’avoir affaire à un personnel accueillant et compétent, de recevoir  un diagnostic dans un délai raisonnable , d’avoir accès aux traitements prescrits avant qu’il ne soit trop tard.  La qualité du béton est pour chacun et chacune une affaire secondaire.

Des monstres bétonnés peuvent même nuire à la qualité des soins de santé. Soit parce que leur dimension excessive alourdit le poids de l’administration hospitalière, soit parce qu’ils engouffrent des ressources financières qu’on aurait eu avantage à consacrer aux soins de santé proprement dits. Quand on pénètre dans un hôpital , on se préoccupe moins de la vétusté du  béton que de ce que l’on bricole à l’intérieur.

2 pensées sur “LE BÉTON ET LA SANTÉ”

  1. Je ne saurais être davantage d’accord avec vous.

    En plus, quand j’apprenais aujourd’hui qu’une nouvelle étude coûtera 30 millions $ pour éclairer la décision, comme s’il n’y avait pas déjà eu assez d’études, comme si le gouvernement ne disposait pas d’assez d’ingénieurs, de comptables, d’architectes, de médecins, d’experts en construction et en administration pour déterminer, sans frais, quelle est la maudite solution pour ce maudit nouvel hôpital dont il est établi qu’il n’apportera rien de plus ni de mieux aux malades de Québec…Je rage.

    30 millions $. Pour une autre étude. Si j’étais libertarien, j’opinerais pour ne plus payer mes impôts.

  2. Vous avez raison sur le principe, mais il ne faut pas faire fi des enjeux techniques liés à la bonne qualité des soins, et à la sécurité des bâtiments. Par exemple, toujours agrandir un centre hospitalier, décennie par décennie, finit par nuire à l’efficacité de l’ensemble : un plan qui devient tentaculaire et inefficace. Avec le temps, il se peut que la localisation des principales entités se trouvent difficiles à atteindre, comme l’urgence pour les ambulances. Des unités de soins qui sont localisées dans une vieille tour, voilà qui est difficile voire impossible à sécuriser : imagine t-on un incendie important qui proviendrait des cuisines qui seraient situées juste au pied de la tour? Tout ceci est gérable dans un nouvel immeuble car on respecte les normes de construction plus modernes. En termes de coûts de construction, sais-t-on que la rénovation coûte plus cher quand on considère les compromis qu’il faut faire sur le plan de la fonctionnalité? L’achat des équipements d’un bloc opératoire, par exemple, coûtent chers par rapport à la construction du bloc lui-même. Que dites-vous si on doit faire des compromis sur le dimensionnement et la fonctionnalité des espaces qui accueillent de tels équipements? Et cetera.

Répondre à Michel Leclerc Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *