SOLIDAIRES DU CANADA FRANÇAIS

J’ai gardé un beau souvenir des rares contacts qu’il m’a été donné d’avoir avec des francophones vivant hors Québec, en Acadie et ailleurs.Des gens qui ont l’habitude de résister, de revendiquer des droits dont les anglophones qui vivent au Québec jouissent en toute facilité. Des gens qui luttent patiemment, démocratiquement, et sans amertume.

Mais ils comptent sur le Québec. Aussi n’est-ce pas sans un certain malaise et une certaine gêne qu’on a appris que le Gouvernement du Québec a refusé d’appuyer la cause d’une petite communauté francophone du Yukon qui réclame une politique d’assouplissement de la loi en vigueur là-bas, ce qui permettrait d’accueillir un plus grand nombre d’écoliers. Des juristes d’ici craignent, semble-t-il, qu’un tel assouplissement ait un effet négatif sur la politique linguistique en vigueur au Québec : une crainte dépourvue de fondement, selon des experts. Dans le doute, on a laissé tomber ces membres de la francophonie. Drôle de façon de mener le combat pour « notre État français d’Amérique » dont rêvait Lionel Groulx.

Cet abandon incite à se rappeler la solidarité qu’on a le devoir de manifester envers ceux qui maintiennent les espaces francophones hors Québec qui se situent à l’intérieur des frontières canadiennes. Car vouloir faire du Québec un pays n’empêche pas de se sentir solidaire du Canada français hors Québec, où des descendants de gens d’ici et d’ailleurs ont décidé de vivre en français, fièrement et avec fermeté. Ils font partie de notre histoire. Ils sont des nôtres et ils le seront aussi dans un Québec souverain.

2 pensées sur “SOLIDAIRES DU CANADA FRANÇAIS”

  1. Il y aurait beaucoup à dire sur l’abandon, par les Canadiens-français du Québec, du vocable « Canadiens-français » au profit de celui de « Québécois ». Les deux termes ne réfèrent pas du tout à la même réalité; le premier ne requiert pas de définition, alors que le second prête à toutes les confusions.
    Est Québécois quiconque habite au Québec; rien à voir avec une race, une ethnie, une langue, une histoire, une culture. Ma sœur n’est plus québécoise : elle habite en Colombie britannique depuis plus de vingt ans. Mais pour moi, elle est toujours canadienne-française.
    Le changement de vocable pour lequel les Canadiens-français du Québec ont opté au cours des années soixante a eu l’effet, doublement malheureux, 1) de nous séparer de nos frères canadiens-français du reste du Canada, et 2) de brouiller notre définition de nous-mêmes en territoire québécois. On doit maintenant écrire des livres pour essayer de décrire qui « nous » sommes.
    Tout en admettant que la cause des francophones du Yukon devant la Cour suprême soulève le risque de la réciprocité au Québec, je me range de votre avis.
    La loi du sang devrait parler plus fort que celle de l’encre de la loi.

  2. Commentaire qui suscite la réflexion. Je tique au sujet de l’expression « loi du sang ». Ce n’est pas le sang qui identifie une nation,mais plutôt la langue, la culture, l’histoire, le sentiment d’un destin commun.

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