IL NE FAUT PAS  PANIQUER 

Octobre 1970. Le FLQ sème la peur. Paniqué, le gouvernement Trudeau instaure la Loi des mesures de guerre. Des centaines de citoyens qu’on soupçonne d’ entretenir des affinités avec le mouvement felquiste sont emprisonnés et privés de droits fondamentaux. On supprime la liberté au nom de la sécurité. C’est plus tard qu’on a pris conscience du décalage entre le danger appréhendé et les outils de répression auxquels on avait eu recours.

Hiver 2015. En apparence paniqué, le Gouvernement Harper déclare la guerre au terrorisme. Face à une nébuleuse islamique mal identifiée, il se prépare à répéter, sous une forme différente, le scénario d’octobre 1970. Il veut accorder aux forces policières des pouvoirs exorbitants qui mettent en danger des libertés fondamentales. Il se comporte comme s’il fallait choisir entre la liberté et la sécurité, comme s’il était impossible de protéger en même temps l’une et l’autre. On semble décidé à sacrifier des valeurs démocratiques sous prétexte de sauver la démocratie.

Il faut savoir tirer une leçon de la grave erreur commise en 1970 et non la répéter sous une autre forme. C’est un jeu dangereux que de porter gravement atteinte à la liberté sous prétexte de sauvegarder la sécurité. On risque ainsi de s’engager sur la pente  glissante qui conduit à un État policier.

1 pensée sur “IL NE FAUT PAS  PANIQUER ”

  1. Dans le cas de la crise d’octobre 1970, il n’y avait effectivement au Québec qu’une douzaine de personnes activement engagées dans des actions terroristes, alors que les divers niveaux de gouvernements en imaginaient des centaines, voire des milliers.
    Dans le cas actuel, les groupes armés reliés à la mouvance islamiste sont à la fois très nombreux et présents dans de nombreux pays. Ce qui se passe actuellement en Syrie et en Irak, en Lybie et au Nigéria, au Yémen et en Somalie, pour ne citer que ces pays, met en cause des dizaines de milliers de combattants armés et bien équipés à tous points de vue. Même moins fréquents et moins nombreux, les attentats dans divers pays d’Europe, en Australie puis au Canada, démontrent que la mouvance islamiste cherche à agir également dans les pays « ennemis de l’islam ».
    Il s’agit d’une menace d’envergure internationale et pour la contrer une combinaison de moyens doit être envisagée et une synergie entre les responsables de la sécurité, de la justice, de la défense et des forces policières doit être mise en œuvre. La prévention repose entre autres sur la collecte d’informations.
    La protection des libertés fondamentales doit être assurée et il faudra être vigilant face aux mesures prises par le Parlement et le gouvernement. Mais comme le déclarait le président Obama l’automne dernier à propos de la surveillance des conversations téléphoniques ou électroniques, on ne peut avoir 100% de sécurité et 100% de vie privée. Entre le degré d’empiètement sur nos libertés et le degré de gravité de la menace, le critère de proportionnalité devra constamment être pesé.

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