LE PATRIMOINE QUI COÛTE CHER

«  Le patrimoine, il faut que ça gagne sa vie, sinon ça  meurt » , a déclaré le maire de Québec(voir LE SOLEIL, 11 mars 2015). Une affirmation sentencieuse qui fait beaucoup réfléchir. Car il existe à Québec plusieurs sites du patrimoine qui ne gagnent pas leur vie. C’est le cas par exemple des fortifications qui, au temps de Lord Dufferin, furent menacées de destruction parce que les commerçants anglais de l’époque les jugeaient inutiles et coûteuses. Pas toujours facile  de «  gagner sa vie », quand on fait partie du patrimoine.

Innombrables en France les joyaux du patrimoine qui «  ne gagnent pas leur vie » : les grandes cathédrales de Notre-Dame-de Paris,  Chartres, Strasbourg, la basilique de Vézelay, des centaines d’autres édifices religieux  entretenus aux frais de l’État, des monuments civils qui parsèment le territoire et exercent une puissante attraction touristique : si bien que ces joyaux finissent quand même  par gagner un peu leur vie puisqu’ils  attirent un  grand nombre de visiteurs dont les activités stimulent l’économie. Mais c’est d’abord pour ce qu’ils représentent comme œuvres de culture et de civilisation qu’on les respecte et qu’on les protège. On ne commence pas par leur coller une facture et leur demander de « gagner leur vie ». Ça ne se fait pas quand on est civilisé.

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