LA CHASSE AUX PAUVRES

J’ai observé à la télévision le ministre responsable de la solidarité sociale expliquer laborieusement comment il veut s’assurer que des démunis ne puissent recevoir en trop quelques dollars, une prébende qui ,de toute façon,  ne leur permettra  pas de sortir  de la pauvreté. De nombreux fonctionnaires seront chargés d’appliquer ces nouvelles règles dictées par la politique d’austérité. Il en va, dit-on , de la bonne santé des finances publiques.

En contrepartie, on nous apprend que le président de la Caisse de dépôt  verra son revenu augmenter d’un million de dollars et plus. On apprend en outre que l’ex-président d’une société d’État disposera  d’une rente de retraite avoisinant un demi-million de dollars. On nous explique qu’il y a là quelque chose de tout à fait normal puisque de telles allocations de salaire ou de départ sont nettement inférieures à ce qui se fait ailleurs. Dans certains pays, paraìt-il, la chasse aux pauvres est parfois impitoyable et on y traite  les plus nantis avec beaucoup plus d’indulgence que chez nous.

Le ministre peut invoquer une excuse : il imite ce que plusieurs de  ses prédécesseurs ont fait avant lui. Il demeure qu’on se retrouve ici à plusieurs coudées  de l’option préférentielle  pour les pauvres dont on entend souvent parler chez les chrétiens socialement engagés. En comparaison, la solidarité au compte-gouttes du ministre   apparaît plutôt mesquine.

1 pensée sur “LA CHASSE AUX PAUVRES”

  1. Ce que vous dites est vrai. La même mesure n’est pas appliquée pour tout le monde.
    Mais heureusement, il arrive parfois une éclaircie dans ce paysage sombre :
    « SALAIRE – Il y a trois semaines, Dan Price a subi volontairement une baisse de salaire de 930.000 dollars par an. Et tout cela dans le but d’augmenter celui de ses employés. Qui dit mieux?
    De plus en plus sensible aux inégalités des revenus, il a fini par se convaincre d’agir au cours d’une promenade avec un ami, quand ce dernier lui a décrit ses difficultés pour gérer les hausses de loyer.
    Du coup, Dan Price, PDG de Gravity Payments à Seattle, aux Etats-Unis, a décidé d’augmenter le salaire minimum de ses 120 employés à 70.000 dollars par an, comme l’a révélé le New York Times. Avec un revenu moyen de 48.000 dollars, cette petite révolution concerne 70 employés, dont 30 vont voir leur salaire doubler. » (Tiré du Huffington Post du 15 avril 2015).
    Curieusement, ce geste est posé par quelqu’un du secteur privé, mais qui a le cœur à a bonne place, lui.

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