L’ART DE SUPPRIMER UN DROIT ET UNE LIBERTÉ

Le professeur Jean-Pierre Proulx ( voir LE DEVOIR, 26 novembre 2007) est doué d’un esprit subtil. Il est capable de nous expliquer comment, en supprimant un droit et une liberté, on garantit mieux le droit et la liberté de tous.

Dans sa version originelle l’article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés, aboli à la suggestion du professeur Proulx, reconnaissait aux parents « le droit d’exiger que, dans les établissements d’enseignement public, leurs enfants reçoivent un enseignement moral et religieux conforme à leurs convictions ». Or ce droit a été supprimé. On aurait pu au moins permettre le choix entre un cours d’enseignement religieux et le cours d’éthique et de culture religieuse, présumé neutre et imposé à tous. Mais on refuse cette liberté de choix, Le professeur Proulx trouve cela tout à fait correct. « Le fait, écrit-il, dit-il, de ne pas offrir d’enseignement confessionnel à l’école publique ne constitue pas une norme. On ne porte atteinte à aucun droit ni à aucune libert騠». Il y a là une subtilité incommensurable.

Je remarque que le professeur Proulx semble confondre la transmission d’un savoir religieux présenté dans une perspective chrétienne avec la catéchèse dispensée en paroisse. On décèle la même ambiguïté dans les propos du cardinal Ouellet. Une confusion qu’il conviendrait de dissiper.

L’ancien président du Conseil supérieur de l’éducation croit peut-être que le débat sur la liberté religieuse à l’école est clos. C’est à voir.

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