TRISTE BILAN

Je recommande de consulter, dans Le Nouvel Observateur du 8 novembre 2007, un dossier succinct sur le goulag stalinien. Une cartographie de l’archipel du goulag, des statistiques, des témoignages. « C’était l’enfer sur terre » dit un survivant, maintenant âgé de 80 ans. Les victimes : des travailleurs, des paysans, rarement des gens bien nantis. L’économie stalinienne avait besoin de main-d’œuvre. On inventait des délits et on punissait des gens dont la plupart n’avaient commis aucun acte répréhensible. Une machine à broyer impitoyable dirigée par un paranoïaque barbare utilisant les services d’un appareil politique et policier dépourvu de tout scrupule. Une vingtaine de millions de pauvres gens dont une large partie y laissa sa vie. On pourrait, pour fins de statistiques, ajouter les millions de paysans ukrainiens victimes d’une famine créée artificiellement par le « petit père des peuples ».

Je suggère de joindre à cette lecture un reportage du Nouvel Observateur (25 octobre 2007), qui décrit les massacres du Cambodge au temps des Kmers rouges ; aussi un bilan du communisme que vient de publier le quotidien français La Croix (4 novembre 2007). De quoi nourrir la réflexion sur « les lendemains qui chantent ».

Globalement, le bilan du stalinisme est positif, avait déclaré un jour le secrétaire général du PCF, Georges Marchais. Son évaluation du communisme soviétique rejoignait celle de Jean-Paul Sartre. Beaucoup de marxistes québécois partageaient jadis cette manière de voir, reprochant à ceux qui dénonçaient la dictature stalinienne de verser dans « l’anticommunisme primaire ». Qui plus est, ils traitaient Soljenitsyne de réactionnaire. Pourrait-on attendre d’eux maintenant un geste de repentance, pour s’être si grossièrement trompés ? Un dossier à suivre.

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