Liberté écorchée

Que l’on soit si l’on veut partisan farouche du cours d’éthique et culture religieuse(ECR), une question perdure, incontournable : en vertu de quel principe se permet-on de rendre ce cours obligatoire ?

La question est d’autant plus pertinente que les concepteurs du cours sont connus pour leur attachement avoué aux libertés démocratiques. Or ils évacuent le droit à la liberté de choix dans un domaine particulièrement délicat, celui des croyances et des convictions personnelles. Qui plus est, ils nient aux parents ce droit, que La Charte québécoise des droits et libertés énonçait clairement, avant d’être charcutée ; un droit inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Le cardinal Marc Ouellet vient de rappeler aux mentors du cours ECR la primauté des droits parentaux en éducation et celle du droit à la liberté religieuse, volet inséparable de la liberté tout court. Il prévient : « Quand on limite la liberté des gens, tôt ou tard, ça nous rebondit en face », a-t-il déclaré ( Le Devoir, 5 février 2010). Un avertissement à ne pas prendre à la légère.

Le cardinal s’affirme en défenseur de la liberté, les mentors obligent les jeunes à ingurgiter leur potion magique. Voilà qui résume bien le débat, qui est loin d’être terminé, sur la liberté religieuse à l’école.

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