VAUT MIEUX SE PARLER AU LIEU DE S’ENTRETUER

« Une évidence émerge : il n’y aura pas de paix en Afghanistan sans qu’un processus de paix n’implique toutes les parties en cause et le Canada devrait en être le promoteur ». Ainsi s’exprime la Conférence catholique des évêques canadiens dans un communiqué publié le 15 octobre 2007.

Cette prise de position réitère, face à un dossier complexe, l’option pour la paix, qui est devenue un leitmotiv de la pensée sociale chrétienne contemporaine. Deux motifs sous-jacents : 1) l’inefficacité de la solution militaire ; 2) on a escamoté la phase du dialogue et de la négociation. Pourtant les Américains avaient eu recours au dialogue à l’époque où, devenus pour un temps les alliés des talibans, ils avaient tenté de négocier un arrangement assurant le passage de produits pétroliers à travers le territoire afghan. Ça existe donc des talibans avec qui on peut dialoguer, et pas seulement pour assurer l’approvisionnement en produits pétroliers.

Les évêques canadiens adoptent une position qui va au-delà des querelles qui divisent les partis politiques au sujet de la manière de se sortir du guêpier afghan. Ils optent sans équivoque pour la non-violence et le dialogue. Un choix éthique qui inspire une stratégie politique. Ils proposent que celle-ci devienne la position canadienne. Ce qui permettrait au Canada de renouer avec la mission internationale de force de paix qu’il avait assumée au temps de L.B.Pearson et qu’est venu contredire l’engagement militaire en Afghanistan

Citoyens à part entière, les évêques se permettent une intervention démocratique dans un dossier à teneur politique. Ils vont sûrement déplaire aux intégristes laïques qui veulent refouler la religion dans le domaine privé. Chrétiens libres dans un Etat libre : c’est une formule gagnante.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *