DE L’INDÉCENCE À L’IMPUISSANCE

Au cimetière de la Côte-des-Neiges on a empilé des morts pendant quatre mois en attendant de régler une querelle entre la direction et le syndicat. De loin on a eu l’impression que les parties en cause considéraient ce conflit comme pareil à d’autres. Comme s’il n’y avait pas dans la durée du conflit une indécence qui aurait dû commander qu’on se hâte de trouver une solution.

Après quatre longs mois le ministre québécois du travail est sorti de sa torpeur et a laissé entendre qu’il allait intervenir si les parties n’en arrivaient pas à un accord. Un homme patient, celui-là. Le gouvernement dont il fait partie a été plus expéditif en mettant fin brutalement aux négociations avec les employés de la fonction publique en décrétant unilatéralement leurs conditions de travail pour les années à venir.

Autre homme patient, l’archevêque de Montréal. Il était sans doute conscient de l’indécence de la situation, mais il rappelé que le diocèse qu’il dirige n’est pas propriétaire du cimetière, ce qui est vrai. Mais on ne peut que s’inquiéter de son autorité morale. Qu’on se rappelle l’intervention de Monseigneur Joseph Charbonneau lors de la grève de l’amiante, en 1949. Il n’était pas propriétaire de mine et n’avait aucun pouvoir juridique lui donnant le droit d’intervenir. Seulement un grand prestige moral. Il a rappelé que l’Eglise ne pouvait rester indifférente devant l’épreuve vécue par les travailleurs et par leurs familles. Son intervention-choc a largement contribué à la solution du conflit.

Mais il faut se rappeler qu’à cette époque où ne disait pas que la religion doit se confiner à la vie privée des individus, comme il bon ton de l’affirmer de nos jours.

 

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