LE CLUB DES EXTERMINATEURS

À la veille de la célébration du 14 juillet, le président Sarkozy , en visite au « sanctuaire » des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), a déclaré qu’il n’hésiterait pas à déclencher le feu nucléaire si « les intérêts vitaux » de la France étaient menacés. Il n’a pas dit en quoi consistent « les intérêts vitaux » de la France ni précisé si l’attaque nucléaire ferait suite à une offensive ennemie ou viserait simplement à prévenir celle-ci. Il a ajouté que, « en situation ultime », la responsabilité de déclencher le feu nucléaire reposera sur les forces de dissuasion et sur ses épaules. (Info France 2)

C’est parler sans détour. Nicolas Sarkozy dit à voix haute ce que pensent sans doute de leur côté les autres chefs d’Etat qui détiennent une petite clé donnant accès au code secret permettant de déclencher le feu nucléaire. On raisonne probablement de la même manière aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Russie, en Chine, au Pakistan, en Inde, en Israël, en Chine. Un club sélect d’exterminateurs en puissance auquel l’Iran et la Corée du Nord aimeraient bien pouvoir se joindre.

Il n’ya pas là de quoi réjouir des populations sans défense à travers le monde qui risquent d’être prises entre deux ou trois feux nucléaires. Surtout que la notion d’intérêt vital est élastique, tout comme celle de la défense de la civilisation, invoquée pour l’invasion de l’Irak. Les guerres entreprises par l’Empire romain l’ont été au nom d’intérêts vitaux, de même celles qu’ont menées des puissances colonisatrices dans le tiers monde. Hitler avait invoqué la thèse de l’espace vital- proche des « intérêts vitaux » – pour s’attribuer le droit d’envahir des pays voisins. Une théorie qui a coûté la vie à des millions d’innocents.

Ce qui serait digne de la France, c’est que son président déclare qu’il faut mettre fin à la folie nucléaire et propose des accords aboutissant à la suppression de toutes les armes de destruction massive. La France, chef de file du désarmement et de la promotion de la paix, voilà un motif d’espoir pour le monde entier. On peut supposer que même Charles de Gaulle, partisan à son époque de l’arme nucléaire, accepterait aujourd’hui un pareil changement de cap. Car il en va de la survie de l’humanité.

 

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