PLURALISME ET CONFUSION

La libre opinion de Jean-Morse Chevrier, publiée dans Le Devoir du 4 juin 2007, jette de la lumière sur le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse concocté par des fonctionnaires du Ministère de l’éducation et où prédomine la pensée du philosophe Georges Leroux. De cette libre opinion je dégage trois points qui ont retenu mon attention.

Premier élément révélateur : selon l’éminent philosophe, « il est préférable d’être pluriel que d’être homogène ». Si « être pluriel » signifie que l’on est attentif à la pluralité et à la diversité, pas de problème. Mais cela implique-t-il qu’on puisse être en même temps pour et contre telle option morale ? Par exemple, est-ce « être homogène » que de refuser d’être à la fois pour et contre la violence, la torture, l’excision, l’esclavage, la polygamie, etc. Ne faudrait-il pas mieux distinguer entre la pluralité et la confusion ?

« Il est essentiel, précise le même penseur, que l’expérience diversifiée autant sur le plan moral que religieux soit valorisée dans sa diversité ». Donc tout se vaut, semble-t-il. Il importe pourtant que l’humanité enregistre un progrès moral, qu’on en arrive à un consensus sur des valeurs, ce qui implique des choix, des acceptations et aussi des refus.

Enfin, Jean-Morse Chevrier a raison de s’étonner que monsieur Leroux attribue aux écoles privées une fonction muséale spécifique, celle de « transmettre la tradition catholique afin de la conserver, car les religions, dit-il, sont importantes pour comprendre l’histoire, la littérature et le sens de l’existence ». Nouvelle vocation des écoles privées ? Cette ouverture d’esprit réjouit, mais elle ne va pas jusqu’à permettre l’enseignement religieux à l’intérieur de l’horaire régulier. La fonction muséale relèvera d’un horaire spécial s’affichant quelque part entre le lever du soleil et la nuit suivante. . Un accommodement, en somme.

 

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