L’ÉCOLE DE TOUS LES DIEUX

L’Actualité ( 1 mars 2007) publie un reportage sur l’expérimentation d’un « programme révolutionnaire » que l’on met présentement à l’essai à l’école Saint-Jean Baptiste, au cœur de la Capitale nationale. Ce programme, c’est celui du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse, sous-produit des sciences humaines de la religion. La journaliste est d’autant plus fière de son reportage que le ministère de l’éducation préfère travailler dans l’ombre. « On ne connaît encore que les grandes lignes du programme, écrit-elle. Le Ministère refuse d’expliquer dans le détail comment on a choisi les religions à l’étude, encore moins ce qu’on en dira ». Raison du secret : on craint, semble-t-il, les réactions des parents. Car le programme » va bouleverser tout ce qui s’enseigne depuis 400 ans au Québec en matière de religion ! » Ça promet !

Paradoxalement, la journaliste reproduit une statistique sur la demande actuelle pour un enseignement religieux chrétien au Québec : en 2005-2006, 75% des élèves du primaire et 63% du secondaire étaient inscrits à des cours d’enseignement religieux catholique ou protestant. De quoi légitimer amplement un accommodement raisonnable à une époque où, dans un établissement scolaire, on a réservé un temps d’accès exclusif à la piscine pour trois écolières musulmanes afin que celles-ci puissent échapper à des regards mâles. A moins que les chrétiens aient moins de droits que ceux qui adhèrent à d’autres traditions religieuses ?

Quelques photos agrémentent le texte, dont celle d’un Raélien, car le nouveau cours instruira les jeunes sur le mouvement raélien, et aussi sur les Témoins de Jéhovah. Sans oublier l’Eglise de scientologie dont les activités, en France, ont attiré l’attention des instances judiciaires.

Une photo montre des objets que les jeunes ont eux-mêmes fabriqués pour représenter les principales religions. C’est pittoresque, mais rien n’empêche qu’on fasse la même chose dans un cours d’enseignement religieux proprement dit, catholique ou protestant, en y joignant de surcroît une profondeur de sens que l’on pourra difficilement se permettre dans en encadrement dit objectif et neutre.

Saint Jean-Baptiste de Québec, prototype de « l’école de tous les dieux ». Un cas porté à notre connaissance grâce à la perspicacité d’une journaliste et qui donne le goût d’en savoir plus sur le « programme révolutionnaire » que des fonctionnaires du ministère de l’éducation concoctent dans le secret. En savoir plus c’est possible, à condition que le ministre lui-même se montre moins cachotier.

 

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